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Face aux exigences croissantes de performance et dans un univers très instrumenté, équipes et management de première ligne doivent s'engager dans un important travail de régulation pour arrêter, toujours de manière temporaire, le sens à donner au travail et fabriquer des compro- mis. Nous définissons puis montrons dans ce cadre l'importance des espaces de discussion qui deviennent des opérateurs de santé et de qualité de vie au travail. Nous décrivons comment les manageurs de première ligne apparaissent de manière croissante comme empêchés de prendre en charge les fonctions d'animation, de médiation et de facilitation nécessaires à la mise en discussion locale du travail. Enfin, nous défendons l'idée que dans une perspective d'ingénierie de la discussion, il faut penser le nécessaire équipement de ces espaces en tenant compte des caractéristiques de l'écosystème organisationnel au sein duquel ils se déploient. L'essentiel de la communication sera consacré aux caractéristiques principales ainsi qu'aux enjeux d'une ingénierie des espaces de discussion sur le travail.
Les mutations actuelles du monde du travail conduisent les chercheurs en santé du travail à se mobiliser sur la question des pratiques managériales, sur des bases renouvelées. En effet, il semble que les formes de travail et leurs liens avec les risques professionnels en développement (troubles musculosquelettiques, risques psychosociaux, etc.) ne se laissent pas entièrement décoder au moyen des grilles de lecture actuelle.
Des recherches récentes de l’IRSST témoignent d’une évolution des questions qui se posent en matière de prévention. D’une part, en amont de toute manifestation de risques chez les travailleurs concernés, des situations d’innovation requièrent des analyses prospectives. Que peut-on dire, par exemple, d’un projet de développer un mode d’organisation allégé (lean)? Comment conseiller les décideurs sur la SST dans la période de structuration de nouvelles filières, de nouveaux métiers, de nouvelles lignes de production, etc.?
D’autre part, à un niveau plus microscopique, se pose aussi la question des effets des « petites » transformations (par exemple, ajout de tâches d’indicateur de performance, de contrôle qualité, de déplacement manuel des produits ou bien encore d’apprentissage, du fait des évolutions rapides des offres, des technologies, etc.). Elles touchent le contenu du travail de manière souvent progressive et sont « ambivalentes » dans leurs effets. Ces situations sont très difficiles à interpréter. On doit néanmoins prendre au sérieux l’hypothèse d’une tendance actuelle à la densification du travail ou à la réduction progressive des marges de manœuvre. De tels phénomènes sont en effet susceptibles de contribuer, dans certains cas, à une détérioration des conditions de travail et à la survenue des risques, tous types confondus.
Ces divers éléments conduisent à s’interroger sur la perspective traditionnellement adoptée en prévention des risques professionnels, laquelle émane des informations sur les risques avérés et s’efforce de remonter aux déterminants organisationnels de la situation de travail productif. Ce colloque propose de décaler le regard porté sur la situation : du travail « tel qu’il est organisé », vers le « fait même d’organiser ».
Ce colloque offre aux chercheurs qui souhaitent démarrer de nouvelles recherches dans le domaine un espace d’échange avec ceux qui ont déjà eu l’occasion de réaliser des recherches. Étant donné la complexité du sujet, il a été choisi d’avoir une ouverture permettant des discussions méthodologiques pluridisciplinaires. Ce sont ainsi des chercheurs de diverses disciplines (sociologie du travail, ergonomie, anthropologie, science de la gestion, clinique de l’activité, psychodynamique du travail, etc.) et de plusieurs nationalités qui présenteront leurs travaux et leurs questionnements.
Le colloque est constitué de quatre sessions d’une demi-journée chacune. Chaque session est close par une table ronde avec les intervenants qui la composent.
Titre du colloque :