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Marion Chuniaud : UQAM - Université du Québec à Montréal
L'identité même de l'Amérique latine réside dans l'expression et l'influence des arts engagés. Historiquement influencée par de forts mouvements migratoires et de nombreux conflits politiques, la Colombie a été et continue d'être bouleversée à différents niveaux. La violence et la marginalisation y sont encore très présentes face au conflit armé, mais le rôle de l'art a su jouer un rôle essentiel dans la prise de parole et l'émancipation des populations en substituant à une politique défaillante. « Les efforts de grande envergure ne peuvent aboutir à une paix durable que si les individus, dans leur vie quotidienne et leur contexte local, mettent effectivement en pratique les principes associés à la culture de la paix (UNESCO, 2013) ». Il s'agit alors de démontrer que la culture peut s'inscrire dans un processus de créativité et de productivité afin d'encourager le dialogue et la paix locale : Il s'agit de créer de nouvelles opportunités, d'innover, de faire reconnaitre et respecter, prendre la parole, encourager l'éducation pour un meilleur savoir-vivre ensemble dans un contexte multiculturel.
Comment la culture et les pratiques artistiques s'inscrivent et influencent le développement et la prospérité sociale de la ville de Bogotá? Quelle est la place de la communication dans les structures culturelles favorisant la pratique des arts pour l'inclusion sociale et le développement?
Le thème de l’harmonisation des relations interculturelles constitue un enjeu central de nos sociétés. Avec l’augmentation des flux migratoires et la mondialisation des enjeux politiques associés aux différences culturelles, la question des relations interculturelles devient récurrente dans l’actualité mondiale. Plusieurs événements récents rendent encore plus pertinente l’idée de s’interroger sur les enjeux, les stratégies, les obstacles et les pratiques liés à l’harmonisation des relations interculturelles. Au Québec, après la crise des « accommodements raisonnables » vint la crise sur la charte des valeurs, puis la crise du Niqab. L’exemple de la crise des réfugiés en Europe permet de mettre en question les stratégies diplomatiques et politiques des États pour accepter ou refuser un nombre conséquent d’individus jugés non intégrables. La crise en Syrie, les attaques de Boko Haram ou les attentats de Bamako, de Beyrouth, de Paris et de Tunis suggèrent une reconfiguration de la géopolitique et des intérêts stratégiques avec en toile de fond une lutte contre les terroristes transnationaux ou sectaires.
Face à une situation de déliquescence du débat public concernant le rapport à l’autre, le colloque vise à réfléchir aux stratégies nécessaires pour l’harmonisation des relations interculturelles. Quel est le rôle des dispositifs institutionnels et de la vie associative dans cette conciliation? La participation citoyenne par l’exercice des droits politiques, sociaux et culturels et par l’entremise des espaces de dialogue constitue-t-elle des lieux de pratique du vivre ensemble grâce à une négociation collective? Comment les différents acteurs (organisations internationales, gouvernements, organismes communautaires ou individus) interprètent-ils la situation actuelle? Outre la religion et les médias, quels sont les autres facteurs favorisant ou empêchant l’harmonisation des relations interculturelles? Quelles stratégies d’intervention sont mobilisées entre les centres et les périphéries à l’échelle locale et à l’international?
Les organisateurs remercient le CRSH (Conseil de recherches en sciences humaines) pour le financement d’une recherche partenariale qui a rendu possible la tenue de ce colloque.