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Anne-Sophie BESSE : Université de Strasbourg
Si le rôle de la conscience morphologique lors de l'apprentissage de la lecture a été mise en évidence dans plusieurs langues (Deacon et al., 2013; Deacon & Kirby, 2004 ; Kirby et al, 2012), force est de constater que ces résultats sont rarement exploités dans les modèles théoriques de l'apprentissage de la lecture (Kirby et al., 2008) et peu mis en lien avec d'autres résultats issus de paradigmes méthodologiques différents. Dans cette perspective, la communication proposée vise à mettre en lien les résultats obtenus lors de deux études menées respectivement auprès d'une centaine élèves francophones de 3e et 5e année, l'une à l'aide de tâches classiques de conscience morphologique orale et de lecture, l'autre à l'aide de la technique d'amorçage, étudiant davantage les processus on-line. Les résultats obtenus dans l'étude 1 suggèrent que les connaissances morphologiques jouent dans un premier temps sur l'exactitude de la prononciation de mots écrits et plus tard au cours des apprentissages sur la rapidité en lecture de mots. Les résultats de l'étude 2 mettent en évidence un traitement morphologique précoce et automatique basé sur aspects orthographiques des morphèmes puis un recours à leurs propriétés sémantiques à une phase ultérieure du traitement, correspondant au décours temporel form-then-meaning mis en évidence chez l'adulte (Rastle & Davis, 2008). La mise en lien entre ces résultats sera effectué afin d'apporter des éléments à la fois théoriques et méthodologiques.
Le caractère multidimensionnel de la conscience morphologique est à l’origine de son apport au développement de divers aspects de la littératie. En effet, les contributions de la conscience morphologique à l’identification des mots écrits (Colé et al., 2011; Casalis, Quémart et Duncann, 2015; Fejzo, 2014), à la production des mots écrits (Pacton, Fayol et Perruchet, 2005; Sénéchal et al., 2006; Chapleau, 2013), au développement du vocabulaire (Bowers et Kirby, 2010; Sparks et Deacon, 2015; Kieffer et Lesaux, 2012) et à la compréhension en lecture (Kirby et al., 2011) ont largement été documentées. Ces études ont été réalisées auprès de populations de divers âges (Rey, 2015; Casalis et Louis-Alexandre, 2000), auprès de normolecteurs-scripteurs et d’élèves aux besoins particuliers (Casalis et al., 2004; Berthiaume et Daigle, 2014) et dans des contextes linguistiques variés (Desrochers et al., 2015; Carlisle, 2010). Les chercheurs en France et au Canada étant nombreux à s’intéresser à cette capacité métalinguistique, il s’avère nécessaire de les rassembler afin d’échanger des idées sur les nouveaux enjeux de recherche : comment les enfants francophones développent-ils la conscience morphologique? comment l’évaluer et la développer? quelles seraient les modalités de son entraînement? À cet effet, la tenue d’un colloque permettra aux chercheurs qui travaillent en contexte francophone de faire le point sur les travaux actuels et de poursuivre l’avancement des connaissances autour de cet objet d’étude. Voici des axes autour desquels les participants seront amenés à échanger : évaluation et développement de la conscience morphologique; contribution de la conscience morphologique au développement des processus spécifiques de l’écrit, au développement du vocabulaire, à la compréhension en lecture en L1 et en L2, effets et modalités de l’intervention en conscience morphologique; nouvelles avenues pour la recherche portant sur la conscience morphologique.
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