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Jean-Marc Fontan : UQAM - Université du Québec à Montréal
La complexité des situations d'intervention représente un défi important pour les professionnels de l'intervention et pour les chercheurs universitaires. Les pratiques de recherche action ou de recherche avec, menées en collaboration ou en partenariat, représentent une voie d'action intéressante et non suffisante. Au-delà des projets de maillage et de réseautage construits de façon isolée et faiblement concertée, il importe de pouvoir travailler de façon intégrée, tant pour l'action se réalisant sur le terrain que pour l'accompagnement issu des contributions universitaires. À partir de l'expérience de croisement des savoirs en contexte transdisciplinaire menée au sein de l'Incubateur Parole d'excluEs, en lien avec le Service aux collectivités de l'UQAM et l'OLTIS TIESS, nous poserons un regard analytique et critique sur la capacité des universités d'un côté et de la science de l'autre de fournir les cadrages institutionnels adéquats pour que le pragmatisme de l'enquête puisse contribuer efficacement au développement du commun.
Dans la lignée des travaux de l’anthropologue Jean-Loup Amselle, on peut définir le métissage comme un processus continuel d’interactions entre plusieurs cultures qui transforme ces dernières d’une manière ou d’une autre. Autrement dit, le métissage désigne un processus par lequel toutes les cultures qui se rencontrent en sortent modifiées, ayant absorbé au moins quelques traits des autres. Le métissage se distingue alors du rapport de forces qui conduit une des cultures à imposer aux autres ses savoirs, ses représentations du monde, ses normes et ses pratiques sans se transformer elle-même, phénomène bien connu des études du colonialisme et de la mondialisation.
La science contemporaine est, dans une perspective constructiviste, une production culturelle étroitement liée à la modernité européenne et, depuis le 20e siècle, anglo-saxonne, ce qui se traduit par des normes, des pratiques et un régime de vérité bien particuliers, dominé par le postpositivisme. Ce régime de vérité exclut du champ scientifique de nombreuses pratiques de connaissance qui proviennent notamment des cultures non anglo-saxonnes, des pays du Sud ou des milieux non scientifiques. Ces pratiques sont-elles condamnées à exister en parallèle ou aux marges du champ scientifique, plus ou moins invisibles, ou peut-on imaginer des sciences métissées, qui acceptent de se laisser modifier par la rencontre avec d’autres savoirs, d’autres normes, d’autres pratiques de connaissance?
Ce colloque propose d’explorer, dans la foulée de travaux d’épistémologie sociale et politique, des cas concrets de métissage réussi ou impossible. Différents axes sont proposés : la rencontre de savoirs de différentes disciplines, de savoirs inspirés par des postures épistémologiques variées, de savoirs universitaires du Nord et du Sud, de savoirs scientifiques et artistiques, de savoirs scientifiques et non scientifiques, par exemple dans le cas des sciences participatives et citoyennes.
Thème du colloque :