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De la nécessité de séduire en contexte d'enseignement du français langue seconde

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Claude Quevillon Lacasse : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

L'apprentissage d'une langue seconde sous-tend une prise de risque importante au plan de la personnalité puisqu'il s'agit également d'appréhender une nouvelle culture qui viendra se greffer à la sienne. Par ailleurs, certaines stratégies d'apprentissage, telles que la tolérance à l'ambigüité et l'empathie, favorisent cet apprentissage d'une langue-culture. Or, afin de favoriser l'utilisation ou le développement de ces stratégies, il s'avère souvent nécessaire de séduire l'apprenant pour qu'il s'identifie à l'enseignant et veuille faire partie de la même langue-culture. Nous explorerons les tensions et les moyens mis en œuvre par l'enseignant de français langue seconde pour séduire l'apprenant et l'amener à vouloir s'investir dans son apprentissage d'une autre langue-culture.

Résumé du colloque

La séduction est au cœur de nos relations, et souvent à notre insu. Nous avons tendance, en Occident, à la réduire aux relations qui relèvent de la sexualité humaine (Baudrillard), et à la penser selon la triple dimension de la vérité, du pouvoir et de la sensibilité. Dans chacune de ces dimensions, elle est aussi en tension : entre tromperie et révélation (vérité), manipulation et libération (pouvoir), raison et désir (sensibilité). Mais la relation de séduction, à travers l’histoire, concerne aussi la pédagogie (le modèle et l’émulation : voir Rivard, 2012), le politique (le charisme et la rhétorique : Delporte), l’économie (la publicité, l’envie), le monde animal (les animaux entre eux — les parades — ou avec les humains : Bomsel, Lestel) et même notre relation aux choses, créées (les arts et les lettres, la technologie et ses promesses) ou non (le paysage, voir Cartier et Lew). Si la séduction est liée au désir et au symbole, à la reconnaissance et à l’acceptation, mais aussi à l’emprise et à la subjugation, on en comprendra aisément l’influence, l’importance et la force, aussi bien positive que négative, et cela tant pour le vivre ensemble que comme marqueur identitaire. Comment qualifier et comprendre les liens que nous tissons par le truchement de la séduction, en déceler les mécanismes communs, en entreprendre la critique? Par exemple, peut-on être séduit sans séducteur, comme quand un paysage nous charme? Y a-t-il séduction même sans intentionnalité consciente, comme chez les animaux ou quand autrui nous trouve attirant? Comment comprendre le jeu du désir dans la séduction, que son objet soit le sexe, l’amitié, l’apprentissage ou le profit? Quels sont ses symboles et ses rituels privilégiés? Peut-on d’ailleurs regrouper sous un même concept l’attirance, le charme, la fascination, l’influence, l’envoûtement et la séduction? L’intitulé de notre colloque nous invite à l’appréhender comme une relation complexe et dans la variété de ses manifestations.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 12 mai 2016

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