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De la promesse à la déception : peut-on sortir de la séduction?

JQ

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Jacques Quintin : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Depuis l'après-guerre, le respect du principe de l'autonomie a supplanté le principe de la bienfaisance dans la pratique médicale. Il n'est plus possible d'offrir des soins sans obtenir un consentement libre et éclairé de la part des patients. C'est dans ce cadre que le médecin transmettra l'information au patient de la manière la plus objective possible. Cependant, le médecin est toujours mû par le désir d'assurer le meilleur bien-être possible pour ses patients. Sauf que ce que chacun entend comme étant le meilleur pour soi n'est pas toujours bien partagé. Il existe des désaccords sur ce qui pourrait permettre le bien-être. C'est ainsi que le médecin est pris entre ces deux principes et c'est dans cet interstice que la séduction s'insère. Nous montrerons qu'il existe deux formes de séduction : l'une qui manipule, qui emprisonne et qui est volontaire, et l'autre qui fait rêver, qui fait voir autrement et qui libère et qui relève de l'involontaire. La figure de Socrate et la pensée de Platon peuvent nous éclairer. Si la séduction consiste à ouvrir un espace qui touche à nos rêves, elle nous amène aussi et souvent à une mauvaise expérience : le sentiment d'avoir été trompé. Entre l'idéal et le réel existe un écart qui se vit à travers la déception. En fin de compte, pour réduire cet écart, ne devrait-on pas plutôt se mettre sur un monde de recherche pragmatique ?

Résumé du colloque

La séduction est au cœur de nos relations, et souvent à notre insu. Nous avons tendance, en Occident, à la réduire aux relations qui relèvent de la sexualité humaine (Baudrillard), et à la penser selon la triple dimension de la vérité, du pouvoir et de la sensibilité. Dans chacune de ces dimensions, elle est aussi en tension : entre tromperie et révélation (vérité), manipulation et libération (pouvoir), raison et désir (sensibilité). Mais la relation de séduction, à travers l’histoire, concerne aussi la pédagogie (le modèle et l’émulation : voir Rivard, 2012), le politique (le charisme et la rhétorique : Delporte), l’économie (la publicité, l’envie), le monde animal (les animaux entre eux — les parades — ou avec les humains : Bomsel, Lestel) et même notre relation aux choses, créées (les arts et les lettres, la technologie et ses promesses) ou non (le paysage, voir Cartier et Lew). Si la séduction est liée au désir et au symbole, à la reconnaissance et à l’acceptation, mais aussi à l’emprise et à la subjugation, on en comprendra aisément l’influence, l’importance et la force, aussi bien positive que négative, et cela tant pour le vivre ensemble que comme marqueur identitaire. Comment qualifier et comprendre les liens que nous tissons par le truchement de la séduction, en déceler les mécanismes communs, en entreprendre la critique? Par exemple, peut-on être séduit sans séducteur, comme quand un paysage nous charme? Y a-t-il séduction même sans intentionnalité consciente, comme chez les animaux ou quand autrui nous trouve attirant? Comment comprendre le jeu du désir dans la séduction, que son objet soit le sexe, l’amitié, l’apprentissage ou le profit? Quels sont ses symboles et ses rituels privilégiés? Peut-on d’ailleurs regrouper sous un même concept l’attirance, le charme, la fascination, l’influence, l’envoûtement et la séduction? L’intitulé de notre colloque nous invite à l’appréhender comme une relation complexe et dans la variété de ses manifestations.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 12 mai 2016

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