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Dominique Fourcade : « Moi, nu, dans un terrain vague »

JP

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James Petterson : Wellesley College

Résumé de la communication

L'imaginaire du terrain vague nous convie à retracer le parcours du poète françaisDominique Fourcade qui, dans son recueil Manque (P.O.L., 2010), se voit comme « unebuse » survolant « un territoire qui ne veut plus d'elle et lui crie son rejet ». Ce territoireest celui, indistinct, du livre et de l'écriture et le but de mon intervention sera de mettreen relief l'arpentage fourcadien de cette aire littéraire; ce que Fourcade appellera, dès1974, une « écriture plastique » où toute délimitation stricte de genres ou de domainesartistiques s'aréalise (Jean-Luc Nancy) et où le poète est conduit à « faire [sien] un payssans catégories – mais il faut quelque temps pour s‘habituer à un pays sans frontières » («À quoi sommes-nous conviés ? », Galerie Aubry,1974). Un quart de siècle plus tard etaprès un silence poétique de dix ans -- autre terrain vague dont il nous faudra égalementrendre compte -- le poète reprend son chemin, mais dans un « aveuglement sansfrontière » (Est-ce que j'peux placer un mot, P.O.L., 2001). La même année, Fourcaderevient sur ce terrain par le biais d'une réflexion sur le rôle de « la pose » (Barthes) endanse et en photographie pour se poser ou se retrouver lui-même « nu dans un terrainvague (surtout ne pas être photographié) » (MW, P.O.L., 2001). C'est, nous tâcherons dele démontrer, dans un tel (non)lieu ou terrain vague que le poète puise, en grande partie,sa force productrice. À nous d'examiner de plus près les contours (ou leur disparition) decette poétique.

Résumé du colloque

Ce colloque interdisciplinaire en recherche-création propose de rassembler chercheurs et créateurs en littérature et en arts pour réfléchir à ce que représente le terrain vague dans l’imaginaire contemporain. Espace interlope à la mémoire souvent stratifiée, le terrain vague peut être vu comme un espace-temps transitoire vers une réinvention et une réappropriation. Également symbole d’une vacance, ce waste land ou no man's land peut aussi avoir une fonction salvatrice, à la fois jachère nécessaire et lieu de réappropriation du pouvoir citoyen. Il peut en ce sens susciter des intérêts politiques ou financiers : les promoteurs voient en lui un potentiel à développer, ce qui explique peut-être sa raréfaction au sein des villes. Ces rapports de pouvoir ne sont pourtant pas le seul avenir envisageable : cet espace liminaire, source de liberté et d’inventivité, demande à être déchiffré symboliquement autant qu’à être défriché matériellement; son caractère marginal fait de lui une matrice à nouvelles idées et nouveaux regards sur le monde. À cet égard, il peut offrir l’image de la disposition mentale que nécessitent tant la recherche que la création. Il peut alors conserver son statut de terrain vague et indéfini de façon plus pérenne, être valorisé comme tel et se laisser apprivoiser et réinventer par des actions communautaires ou esthétiques.

Quelques pistes de réflexion (non exhaustives) : où (sur le plan autant spatial que métaphorique) se situe le terrain vague? Comment s’intègre-t-il (ou non) dans un périmètre plus large? À quelles figures donne-t-il naissance? Par qui et comment est-il investi, dans les faits et dans l’imaginaire? Quels enjeux éthiques ou esthétiques pose-t-il? Quels rapports de force ou quelles relations se nouent autour du terrain vague? Quels genres de poétiques engendre-t-il? Quels genres littéraires ou langages esthétiques l’investissent? Comment explorer les strates mémorielles et les processus de sédimentation de ce genre d’espace?

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
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Imaginaire du terrain vague
section icon Date : 12 mai 2016

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Titre du colloque :

Imaginaire du terrain vague

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