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Mathieu Bégin : Université de Sherbrooke
Dans le cadre de cette communication, notre objectif est d'illustrer certaines limites d'Internet comme contexte de recrutement de participants et de collecte de données pour la recherche, en nous appuyant sur une récente expérience de terrain. L'étude à laquelle nous réfèrerons porte sur la production, la publication et la consultation, dans YouTube, de vidéos amateurs sur le thème de la cyberintimidation. Son premier objectif est de décrire les représentations sociales de vidéastes adolescents au regard de leurs usages de la vidéo numérique, et de YouTube comme contexte de communication socio-éducative et d'apprentissage. Nous avons amorcé sa phase de recrutement de participants par l'envoi de demandes de participation à un sondage en ligne et à une entrevue individuelle à distance, en ciblant 60 vidéastes. Au terme d'une période de 9 mois, 8 d'entre eux ont répondu à notre sondage et 3 ont accepté de participer à une entrevue. À la suite de cet insuccès, nous avons donc entrepris une analyse des contenus audio, scripturaux et visuels des 60 vidéos amateurs repérées dans YouTube. L'étude de ce matériel collecté en ligne s'est avérée pertinente pour répondre à nos questionnements initiaux, sans toutefois être suffisamment riche en information. Au final, c'est en nous tournant vers l'étude de la réception d'un échantillon de ces vidéos chez 75 adolescents, dans 15 maisons de jeunes du Québec, « au cœur du social », que nous avons trouvé un terreau fertile en renseignements.
En collaboration avec le LabCMO et la Chaire de recherche UQAM sur les usages des technologies numériques et les mutations de la communication, ce colloque vise à réunir des chercheurs francophones issus de diverses institutions afin de tenir un dialogue fécond sur les processus méthodologiques de la recherche sur les usages d’Internet et des technologies numériques.
Avec les développements récents d’Internet et l’adoption massive des technologies numériques, les chercheurs en sciences sociales ont dû innover et développer des méthodes de collecte et d’analyse permettant de saisir des phénomènes en émergence (Barats et al., 2013). Certaines méthodes classiques comme l’ethnographie ont été adaptées aux objets de recherche numériques (Hine, 2000; 2015). D’autres ont émergé en tant que méthodes spécifiques, comme l’analyse algorithmique de gigantesques ensembles de données (big data) (DeLyser et Sui, 2013) et les méthodes numériques (digital methods) (Rogers, 2013). Ces dernières années, plusieurs colloques et de nombreuses publications scientifiques ont porté sur les enjeux liés à l’étude d’Internet et des technologies numériques, notamment en ce qui a trait à l’éthique de la recherche (Thoër et al., 2012; Latzko-Toth et Pastinelli, 2014), à l’épistémologie (Crawford et al., 2014; Boyd et Crawford, 2012) et aux effets culturels et politiques (Fuchs et al., 2013).
Ainsi, du design de la stratégie méthodologique jusqu’à la finalisation des analyses en passant par l’opérationnalisation des concepts, comment la recherche en sciences sociales, notamment en communication, s’adapte-t-elle à l’étude d’Internet et des usages des technologies numériques? Comment justifier la constitution d’un échantillon ou d’un corpus? À l’aune de quels critères établir la validité de nos données? De quelles manières les outils d’analyse sont-ils sélectionnés et quels en sont les biais inhérents? Ce colloque représente une occasion, d’une part, de recenser les différentes stratégies et outils méthodologiques utilisés afin d’étudier les usages d’Internet et des technologies numériques et, d’autre part, de réfléchir et de critiquer nos démarches de recherche en vue de les améliorer.
Thème du colloque :