Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Julie Ricard : École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM
Les entreprises sont plus que jamais ancrées dans leurs connexions sociales. Les relations sociales ainsi que le réseau de l'entreprise sont perçus comme une ressource cruciale pour atteindre un avantage concurrentiel durable. Or, l'encastrement de l'entreprise dans son tissu social a fait naitre en gouvernance plusieurs champs de recherche. Par exemple, la primauté des directeurs au-delà de celle des actionnaires anime un débat important. De plus, la théorie des parties prenantes aborde l'influence de différents groupes – politiques, environnementaux, communautaires, etc. - sur l'organisation. Ces débats s'unissent par un thème récurrent : le pouvoir. Quel est l'impact du pouvoir des parties prenantes sur la performance organisationnelle? Dans un contexte où les parties prenantes possèdent de plus en plus de pouvoir, il y a moins d'espace discrétionnaire et donc moins de place pour la notion d'agence. Nous contribuons au débat en explorant l'importance allouée aux différentes parties en fonction de leur pouvoir et légitimité. Nous suggérons que la théorie de l'agence se doit d'être renouvelée en tenant compte des relations sociales, de l'espace discrétionnaire ainsi que de la théorie de la décision.
Dans le domaine de la sociologie économique, des auteurs tels que Pierre Bourdieu ont longuement discuté de la question relative aux réseaux de relations sociales des individus. Au niveau organisationnel, certaines études menées en matière de gestion durant la dernière décennie montrent que les entreprises ayant des connexions sociales et politiques affichent une meilleure performance financière que celles qui n’en ont pas. Cependant, peu de choses sont connues sur les mécanismes à travers lesquels agissent ces liens dans les entreprises. De plus, l’actualité dans plusieurs pays et particulièrement au Canada montre que ce phénomène est également répandu dans les organisations du secteur public. Le sujet de ce colloque permettra ainsi d’aborder tous les aspects liés aux connexions sociales des organisations, tant du secteur privé que du secteur public. Il se penchera notamment sur les mécanismes organisationnels à travers lesquels agissent ces liens, du point de vue de plusieurs disciplines, approches méthodologiques et contextes.
Dans les systèmes économiques de type capitaliste, les entreprises occupent une place centrale. Elles interviennent à tous les niveaux et dans toutes les sphères de la société. Ce faisant, elles créent de la richesse. Leurs actions peuvent avoir un impact sur la vie de l’ensemble de la population. En tant qu’institutions sociales, elles sont censées agir de manière irréprochable. Au lieu de cela, les crises et les scandales financiers dans le monde des affaires se multiplient. Les scandales de corruption et de collusion dans l’industrie de la construction au Québec, qui sont révélés à la commission Charbonneau, constituent le dernier exemple le plus frappant dans le contexte canadien. En effet, les différents témoignages et comptes rendus entendus à cette commission montrent que l’industrie de la construction en particulier fonctionne grâce aux réseaux de connexions politiques.
Par conséquent, compte tenu de l’importance du phénomène pour l’ensemble de la société, nous pensons qu’il est impératif de tenir une tribune d’échanges interdisciplinaire incluant des universitaires, des professionnels et des acteurs de la vie politique, sociale et économique. Notre colloque s’inscrit donc dans cette perspective et ne vise pas uniquement un public scientifique, mais bien une diversité de points de vue. Ainsi, nous posons la question : quelles sont les causes et les conséquences des connexions politiques et sociales des organisations, qu’elles soient publiques ou privées, gouvernementales ou non?
Titre du colloque :
Thème du colloque :