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Francois P. Robert : UQAM - Université du Québec à Montréal
La délibération lors de processus de participation des citoyennes et citoyens reste encore difficile à saisir. À la manière d'une boite noire, ces processus, bien que normés par des méthodes, restent encore mal compris sur le fonctionnement même de la prise de décision et l'influence de ce processus sur les personnes et les idées. On connaît les intrants (les personnes participantes, le contexte, les méthodes utilisées, etc.) et les extrants (les décisions prises), mais très peu sur le fonctionnement même de la délibération. Cette communication présente les résultats d'une étude de cas de délibération où 95 personnes ont délibéré pendant une demi-journée sur un sujet. L'analyse de leurs réseaux sociaux et de leurs réseaux sociosémantiques a permis de révéler certains schémas de l'opinion. Ces schémas de l'opinion présentent des phénomènes de convergences et de divergences de l'opinion et une prédictibilité potentielle de l'opinion selon les relations sociales des personnes participantes.
Selon de nombreuses perspectives, les communautés collaboratives sont le fondement de notre société. Elles représentent l’intersection de nos structures sociales, économiques, environnementales — tout ce que nous construisons et partageons ensemble, de la qualité de l’eau à l’éducation et à la gouvernance de nos systèmes sociaux traditionnels et, maintenant, numériques. La « transgouvernance » de cet héritage historique a toujours guidé les différents mouvements du développement durable et celui de nos organisations les plus innovantes. L’accélération actuelle du changement technologique a contraint plusieurs gouvernements et chefs de file étrangers à réaliser l’urgence d’agir devant les crises financières, le vieillissement de la population, l’insatisfaction par rapport aux politiques des services publics, les dangers environnementaux. Les turbulences technologiques entraînent des ruptures sociétales de grande ampleur : elles changent la façon dont les gens vivent, travaillent, interagissent, apprennent. Devant ces changements, les consommateurs numériques deviennent aussi des citoyens numériques, qui ont de nouvelles attentes vis-à-vis de l’administration, tout en ayant une ferme volonté d’innover à différents paliers de gouvernement. Il existe un consensus très fort sur ce qui devrait être fait avec l’engagement des usagers ou designers de la société civile : l’augmentation de la confiance du public envers les pouvoirs, la responsabilité sociale des organisations, la reddition de compte, la productivité, l’innovation ouverte, la co-création, une nouvelle façon de penser de la part de nos leaders politiques, la pensée systémique et le design thinking pour approcher les problématiques et y apporter des solutions appropriées, comme une nouvelle politique de mobilisation des connaissances au Québec. Toutefois, aujourd’hui, c’est le temps de l’action intégrant une orientation forte sur l’implantation.
Ce colloque sera l’occasion de réunir durant deux jours des intervenants de l’université, des gouvernements, de l’entreprise privée et de la société civile pour faire faire le point sur trois grands thèmes liés à la gouvernance des connaissances dans l’économie numérique :
1. Gouvernance numérique et démocratie
2. Médias socionumériques et gouvernance
3. Codesign, transdisciplinarité et gouvernance