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Étudiants en situation de handicap et prise de notes : des genèses instrumentales à la question de l'accompagnement

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Catherine Gouédard : Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis

Résumé de la communication

L'arrivée en nombre d'étudiants en situation de handicap à l'université conduit à créer des services pour favoriser l'accessibilité au contenu des cours. Dans une université française, nous étudions l'un d'entre eux : la prise de notes entre un étudiant preneur de notes et un étudiant en situation de handicap, inscrits au même cours. Notre objectif est d'identifier les éléments favorables à l'efficacité du service à partir d'une compréhension de l'activité. À quelles conditions la prise de notes est-elle un instrument pour l'apprentissage et l'inclusion ? Nous nous appuyons sur vingt entretiens (onze menés auprès d'étudiants en situation de handicap, neuf auprès de preneurs de notes), complétés par ceux menés auprès des quatre professionnels du service handicap. L'analyse qualitative du corpus nous permet de mettre en évidence la diversité des situations et les principaux déterminants de l'activité « prise de notes » pour qu'elle puisse participer au développement de l'étudiant. Nous mobilisons principalement le concept de « genèse instrumentale » (Rabardel, 2005) pour comprendre les processus de construction à l'œuvre sur différents temps de l'activité et entre les deux étudiants impliqués. Ces genèses autour de l'objet « prise de notes » ouvrent sur d'autres genèses qui ont trait au développement de la relation et à l'accompagnement. Nous dégageons de ce travail des perspectives pour optimiser le service, et, plus généralement, pour interroger les pratiques inclusives.

Résumé du colloque

Le présent colloque porte sur l’inclusion des étudiants en situation de handicap (ESH) en contexte postsecondaire. Depuis les années 1960, la démocratisation des universités a contribué à l’émergence d’une variété de profils étudiants obligeant les universités à redéfinir leur mission (Chénard, 2005; Romainville, 2004). Toutefois, le nombre croissant des ESH ainsi que la diversité de leurs besoins convient plus que jamais les universités à repenser leur rôle et la pédagogie dans une logique d’inclusion, laquelle se dessine sous l’égide d’obligations juridiques de promouvoir et soutenir une éducation accessible et non discriminatoire pour tous. Alors que l’inclusion des étudiants présentant des handicaps physiques et sensoriels semble de plus en plus acceptée, l’inclusion des étudiants aux prises avec une situation de handicap dite émergente (trouble d’apprentissage (TA), trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), trouble du spectre de l’autisme, trouble de santé mentale) présente de nombreux dilemmes et enjeux (CREPUQ, 2010). D’une part, les services n’ont pas nécessairement l’expertise pour répondre à la multiplicité et la complexité des besoins d’accompagnement et d’accommodement de tous ces étudiants (Bonneli, Raymond et Campeau, 2010), d’autre part, le personnel enseignant, soucieux que les étudiants répondent aux exigences de leur programme d’études, ne savent pas trop comment, ni dans quelle mesure, s’adapter à ces nouveaux étudiants (Philion, Doucet, Côté, Nadon, Chapleau, Laplante et Mihalache, 2016). Le personnel enseignant exprime notamment des préoccupations liées à l’éthique – divulgation ou non de la condition –, à l’équité envers les autres étudiants et au jugement évaluatif. Qu’il s’agisse d’enjeux individuels, sociaux, politiques ou éthiques, ce colloque vise à permettre aux différents chercheurs et praticiens de partager l’avancée de leur réflexion et de leurs travaux scientifiques de manière à dégager ce qui peut être mis en place pour soutenir tous les acteurs interpelés par l’inclusion des ESH.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 12 mai 2016

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