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Hélène Sultan-Taieb : UQAM - Université du Québec à Montréal
L'objectif est de présenter une réflexion sur la contribution des évaluations économiques en santé au travail comme outil d'aide à la décision pour les actions de prévention.
Deux séries de résultats seront présentés : a) l'estimation du coût social de la non-prévention avec le coût des maladies cardiovasculaires et problèmes de santé mentale imputables à l'exposition au stress au travail ; b) l'évaluation coût-bénéfice des interventions de prévention en santé au travail, notamment les interventions de prévention des problèmes de santé mentale et des troubles musculo-squelettiques. Une autre illustration sera donnée avec le projet de recherche en cours sur l'évaluation des interventions de prévention en lien avec la norme Entreprise En Santé au Québec.
Les résultats de ces évaluations peuvent favoriser l'engagement des pouvoirs publics pour le développement de politiques de prévention gouvernementales et inciter les entreprises vers l'action de prévention. Pour cela, le poids des coûts indirects (pertes de production) dans les coûts totaux du point de vue de l'employeur, et notamment l'importance du présentéisme pour cause de santé dégradée, devrait être souligné. Pour qu'elles soient généralisables et reproductibles dans plusieurs milieux de travail, les évaluations économiques des interventions de prévention doivent accorder une importance plus grande au contexte et au processus d'implantation des interventions de prévention dans leur analyse.
Au Québec et ailleurs, on assiste à un déplacement de l’augmentation des lésions professionnelles au profit des maladies professionnelles causé par la mutation des risques présents dans l’environnement de travail. Des statistiques qui montrent cette tendance ainsi que des pistes de réflexion sur les enjeux qui en découlent seront discutées dans le cadre de ce colloque. Entre autres, la façon de gérer le dossier de prévention est subordonnée à la mesure de performance menant ainsi les gestionnaires et les travailleurs à se concentrer sur les résultats, minimisant ainsi les efforts consacrés à la prévention et à sa prise en charge. Les nouveaux risques nécessiteront de nouvelles façons de faire (et non de faire faire) en matière de santé et sécurité du travail si nous voulons demeurer compétitifs. Les besoins criants à la fois sur les plans théorique et pratique au regard des enjeux en santé organisationnelle (SO) ouvrent les portes à l’adoption d’une conception selon laquelle la santé globale et la performance organisationnelle sont le fruit d’une dynamique à plusieurs niveaux. Ainsi, les démarches tant en recherche que sur le plan de l’intervention visent les déterminants individuels, organisationnels et externes (sociétaux) et s’attachent au caractère multidimensionnel et multidisciplinaire de la SO. Les enjeux s’inscrivent dans une perspective multifactorielle (déterminants, corrections et prévention) qui intervient sur la santé et la performance organisationnelle. L’intervention sur les déterminants de la santé globale interpelle les trois niveaux de prévention, soit primaire, secondaire et tertiaire. Dans cette optique, des disciplines diversifiées se complètent dans l’objectif de contribuer à l’avancement des connaissances sur la SO.
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