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Expériences de médecins diplômés à l'étranger sur le marché du travail au Québec : des parcours d'insertion contrastés

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Marie-Jeanne Blain : Université de Montréal

Résumé de la communication

Nos politiques d'immigration visent à attirer des candidats ayant des compétences élevées, tels que les professionnels de la santé. Pourtant, leur insertion au marché du travail est parsemée d'embûches et selon les données du recensement canadien de 2006, 44% des médecins diplômés à l'étranger n'exerceraient pas leur profession. En 2014 au Québec, selon le Collège des médecins, 2518 diplômés internationaux en médecine (DIM) ont un permis de pratique (11% des effectifs médicaux). Nous ne savons pas précisément combien n'exercent pas, une association de DIM les estime à plus de 3000. Les résultats présentés sont le fruit d'une recherche doctorale en anthropologie menée au Québec. Dans le cadre d'entretiens documentant leurs récits de vie professionnelle pré- et postmigratoire, 31 DIM ont été rencontrés, la moitié s'étant requalifiés comme médecin et l'autre, réorientés. Face à des trajectoires très contrastées, la prépondérance des ressources sociales et symboliques est apparue. La transférabilité de leur capital humain est limitée par le poids de la reconnaissance. Sans dénier qu'exercer une profession différente de la médecine peut être un choix, la structure actuelle de la reconnaissance professionnelle leur impose des contraintes hors du commun, et certains éprouvent plus d'obstacles que d'autres. Ce double enjeu éthique, de « la fuite des cerveaux » couplée au « gaspillage des compétences » est critique et demande des solutions novatrices, impliquant l'ensemble des acteurs.

Résumé du colloque

L’insertion en emploi constitue l’un des principaux défis vécus par les nouveaux immigrants au Québec (Fleury, 2007; Simich et Jackson, 2010). Les travaux dans ce domaine insistent sur l’écart entre leurs qualifications et leur difficulté à pénétrer le marché du travail dans leurs domaines d’expertise (Boudarbat et Boulet, 2010; Lenoir et al., 2008; Montgomery et al., 2009). C’est le cas des professionnels de la santé et des services sociaux, nombreux à migrer de par le monde (OMS, 2010). Au Québec, le réseau de la santé est un secteur d’emploi très convoité par les immigrants (MIDI, 2014). Or, ce réseau affiche une importante pénurie de main-d’œuvre dans la plupart des professions : travailleurs sociaux, infirmiers et infirmières, médecins, ergothérapeutes, physiothérapeutes, auxiliaires familiaux, secrétaires médicaux, etc. (Vergé-Brian et Vissandjée, 2015; Letarte, 2014; Pullen-Sansfaçon et al., 2013; Montgomery et Diasso, 2012; Grenier, 2008; MSSS, 2004; OIIQ, 2007). Paradoxalement, les professionnels de la santé formés à l’étranger peinent à trouver des emplois qualifiés et font face à des obstacles liés à la reconnaissance des qualifications, l’accès aux formations et aux stages, et l’intégration dans les équipes de travail (ASSS, 2011; Breau, Rachédi et al., 2010; Castonguay, 2009).

Quels sont les processus à l’œuvre dans l’intégration socioprofessionnelle des intervenants formés à l’étranger? Comment ce processus d’intégration est-il vécu par les professionnels de la santé? Quels en sont les obstacles et les possibilités? Comment arrimer les besoins du réseau sociosanitaire et ceux des professionnels formés à l’étranger? Ce colloque explorera ces enjeux à travers l’analyse : 1) de l’expérience des professionnels de la santé et des services sociaux formés à l’étranger; et 2) des initiatives mises en place par diverses instances (ordres professionnels, organismes d’employabilité, établissements de santé) visant à maximiser l’insertion de ces professionnels.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Soumya Tamouro
section icon Date : 12 mai 2016

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