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Geoffroi GARON-ÉPAULE : UQAM - Université du Québec à Montréal
Lors de cette communication, nous allons présenter les résultats de nos recherches sur le phénomène des nouvelles gouvernances numériques soutenues par la technologie du blockchain (chaîne de blocs). La blockchain est une technologie de stockage d'information décentralisé qui enregistre les actions dans un grand livre distribué et partagé par tous sur le réseau.
Depuis l'apparition en 2008 du Bitcoin, un système d'échange de monnaie entre pairs, l'utilisation de cette technologie permet potentiellement de transformer radicalement les relations et les processus d'interactions entre les gens et les organisations dans plusieurs autres secteurs de l'économie et de la société. Nous discuterons des services et des applications qui nous entourent qui pourraient être remises en question, comme dans le secteur financier et de l'assurance, l'éducation, la santé, le monde du travail et les gouvernements. Nous aborderons aussi l'expérience de l'Estonie avec son programme innovateur de résident numérique (e-Resident) et d'autres expérimentations de décentralisation plus révolutionnaire comme le propose la startup Bitnation et bien d'autres.
Cette technologie amène de nouveaux usages qui confirment un changement de paradigme au niveau des processus décisionnels, de la structuration des organisations et plus globalement un jalon important de la révolution anthropologique en cours dans nos sociétés.
Selon de nombreuses perspectives, les communautés collaboratives sont le fondement de notre société. Elles représentent l’intersection de nos structures sociales, économiques, environnementales — tout ce que nous construisons et partageons ensemble, de la qualité de l’eau à l’éducation et à la gouvernance de nos systèmes sociaux traditionnels et, maintenant, numériques. La « transgouvernance » de cet héritage historique a toujours guidé les différents mouvements du développement durable et celui de nos organisations les plus innovantes. L’accélération actuelle du changement technologique a contraint plusieurs gouvernements et chefs de file étrangers à réaliser l’urgence d’agir devant les crises financières, le vieillissement de la population, l’insatisfaction par rapport aux politiques des services publics, les dangers environnementaux. Les turbulences technologiques entraînent des ruptures sociétales de grande ampleur : elles changent la façon dont les gens vivent, travaillent, interagissent, apprennent. Devant ces changements, les consommateurs numériques deviennent aussi des citoyens numériques, qui ont de nouvelles attentes vis-à-vis de l’administration, tout en ayant une ferme volonté d’innover à différents paliers de gouvernement. Il existe un consensus très fort sur ce qui devrait être fait avec l’engagement des usagers ou designers de la société civile : l’augmentation de la confiance du public envers les pouvoirs, la responsabilité sociale des organisations, la reddition de compte, la productivité, l’innovation ouverte, la co-création, une nouvelle façon de penser de la part de nos leaders politiques, la pensée systémique et le design thinking pour approcher les problématiques et y apporter des solutions appropriées, comme une nouvelle politique de mobilisation des connaissances au Québec. Toutefois, aujourd’hui, c’est le temps de l’action intégrant une orientation forte sur l’implantation.
Ce colloque sera l’occasion de réunir durant deux jours des intervenants de l’université, des gouvernements, de l’entreprise privée et de la société civile pour faire faire le point sur trois grands thèmes liés à la gouvernance des connaissances dans l’économie numérique :
1. Gouvernance numérique et démocratie
2. Médias socionumériques et gouvernance
3. Codesign, transdisciplinarité et gouvernance