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Aboudou Ouattara
Depuis les travaux de Modigliani et Miller (1958, 1961, 1963) sur la structure du capital et ses versions révisées, la théorie financière s'est enrichie de plusieurs travaux qui apportent un éclaircissement sur la structure optimale du financement d'une entreprise. L'une des conclusions de ces recherches est qu'une organisation soucieuse de la création de valeur pour ses propriétaires devrait choisir une combinaison de capitaux propres et de capitaux empruntés qui optimise celle-ci. Ce résultat n'est valable que sous certaines conditions. Le rapport de l'enquête 2013 sur le secteur informel au Sénégal place en première position des difficultés structurelles, l'accès insuffisant au crédit (27.3%). La conséquence est un faible recours à l'emprunt pour le financement de la constitution du capital productif (11% des UPI) et une insuffisance de celui-ci pour soutenir le développement des unités informelles. Cette situation à une double conséquence : un faible endettement des unités informelles et donc une économie de charges financières ; à l'opposé, la faible productivité pourrait se traduire par une contreperformance commerciale et économique.La présente recherche fait un état des lieux de l'accès au financement des unités informelles et met en lumière son influence sur leur constitution de capital productif, leurs performances commerciales et économiques dans le contexte d'une économie sous développée (le Sénégal), dominée par le secteur informel.
Le poids grandissant du secteur informel dans les économies, notamment dans l’emploi au sein des pays à faible revenu, impose de l’inscrire parmi les priorités des gouvernements et de la communauté internationale en matière de développement. Ses nombreuses implications en termes de productivité, de compétitivité, d’environnement des affaires et de qualité des emplois offerts en font l’un des défis majeurs à la diversification de ces économies vers des activités plus productives dans les secteurs agricoles et industriels, et à leur intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales. De toute évidence, l’informel présente des avantages pour les pays à faible revenu du fait des emplois générés et du rôle de soupape de sécurité qu’il joue vis-à-vis des segments les plus défavorisés de la population. D’un autre côté, il induit un niveau de productivité plus faible, de substantiels manques à gagner fiscaux, des niveaux de précarité indescriptibles sur les emplois créés et une dualité dans l’environnement des affaires mettant en péril le cadre réglementaire.
À la lumière des expériences de plusieurs pays de l’espace francophone, ce colloque se propose de faire un état des lieux détaillé du secteur informel, tel qu’il apparaît dans plusieurs régions du monde, à travers une approche factuelle nécessaire pour des politiques publiques basées sur des évidences scientifiques. Le colloque fournit une occasion unique de traiter à la fois des causes, des manifestations, des formes et des conséquences de l’informel, avec des compétences locales et internationales, et dans une approche pluridisciplinaire et multiculturelle. Les mécanismes, modalités et politiques de transition vers l’économie formelle seront également abordés.
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