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Bénédicte Vergé-Brian : Université de Montréal
Dans un contexte international de recrutement de la main-d'oeuvre infirmière, favoriser l'intégration socioprofessionnelle des infirmières formées à l'étranger (IFE) devient un enjeu au sein d'un système de santé, comme celui du Québec, pour assurer la sécurité et la qualité de soins infirmiers. Dans leur trajectoire, les IFE sont soutenues par des réseaux informels, institutionnels et communautaires proposant des interventions spécifiques. Le but de la présentation est de discuter de résultats d'une analyse critique d'écrits sur la contribution d'interventions de réseaux soutenant l'intégration socioprofessionnelle d'IFE. La valeur ajoutée des discussions repose sur l'intention de construire sur les barrières de cette intégration déjà fort bien documentées. Dans les études, les interventions sont majoritairement données par des réseaux institutionnels dont certaines sont cadrées dans la forme et dans le temps. Parmi les différentes formes d'interventions de soutien, les programmes aux caractéristiques de mentorat sont satisfaisants lorsqu'ils sont réalisés par des pairs, formés adéquatement dans un environnement où des politiques officielles soutiennent leurs existences. La nécessité d'ajuster les programmes est signalée de façon récurrente pour répondre adéquatement aux besoins des IFE, mettant l'emphase sur le volet social de l'intégration.
L’insertion en emploi constitue l’un des principaux défis vécus par les nouveaux immigrants au Québec (Fleury, 2007; Simich et Jackson, 2010). Les travaux dans ce domaine insistent sur l’écart entre leurs qualifications et leur difficulté à pénétrer le marché du travail dans leurs domaines d’expertise (Boudarbat et Boulet, 2010; Lenoir et al., 2008; Montgomery et al., 2009). C’est le cas des professionnels de la santé et des services sociaux, nombreux à migrer de par le monde (OMS, 2010). Au Québec, le réseau de la santé est un secteur d’emploi très convoité par les immigrants (MIDI, 2014). Or, ce réseau affiche une importante pénurie de main-d’œuvre dans la plupart des professions : travailleurs sociaux, infirmiers et infirmières, médecins, ergothérapeutes, physiothérapeutes, auxiliaires familiaux, secrétaires médicaux, etc. (Vergé-Brian et Vissandjée, 2015; Letarte, 2014; Pullen-Sansfaçon et al., 2013; Montgomery et Diasso, 2012; Grenier, 2008; MSSS, 2004; OIIQ, 2007). Paradoxalement, les professionnels de la santé formés à l’étranger peinent à trouver des emplois qualifiés et font face à des obstacles liés à la reconnaissance des qualifications, l’accès aux formations et aux stages, et l’intégration dans les équipes de travail (ASSS, 2011; Breau, Rachédi et al., 2010; Castonguay, 2009).
Quels sont les processus à l’œuvre dans l’intégration socioprofessionnelle des intervenants formés à l’étranger? Comment ce processus d’intégration est-il vécu par les professionnels de la santé? Quels en sont les obstacles et les possibilités? Comment arrimer les besoins du réseau sociosanitaire et ceux des professionnels formés à l’étranger? Ce colloque explorera ces enjeux à travers l’analyse : 1) de l’expérience des professionnels de la santé et des services sociaux formés à l’étranger; et 2) des initiatives mises en place par diverses instances (ordres professionnels, organismes d’employabilité, établissements de santé) visant à maximiser l’insertion de ces professionnels.
Thème du colloque :