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François Vincent Dhossou : mairie de Dogbo
Les pratiques de micro-finance connaissent un développement inédit dans les pays en développement. Au Bénin et plus fortement dans la Commune de Dogbo, les services de micro-finance sont offerts par une kyrielle d'institutions pour satisfaire les besoins des populations exclues du système bancaire. Parallèlement à ces institutions, s'expérimente depuis 2007 un modèle de micro-finance participative au sein des Associations Villageoises d'Epargne et de Crédit.
Une Association Villageoise d'Epargne et de Crédit est « un groupe de 15 à 25 personnes qui épargnent ensemble et font de petits emprunts à partir de ces épargnes »[1]. Les crédits octroyés aux membres au taux d'intérêt de 10% permettent à ces derniers de développer les activités génératrices de revenus. Les bénéfices tirés des crédits placés sont répartis entre les associés au prorata des montants épargnés.
La flexibilité du mode opératoire, la répartition équitable du bénéfice, la solidarité entre les membres, l'autogestion et l'apprentissage continu constituent les facteurs de réussite et d'implémentation territoriale de cette approche de micro-finance. Cependant, il existe quelques difficultés liées notamment à l'analphabétisme des femmes et au manque du personnel d'encadrement. Ces difficultés doivent être surmontées afin d'assurer la pérennité des activités desdites associations pour qu'elles deviennent des instruments puissants de développement local.
[1]Hugh Allen (2011), Guide de formation de l'Agent Villageois, p.5.
Au sommet sur le développement durable du 25 septembre 2015, les États membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ont adopté un nouveau programme de développement durable pour mettre fin à la pauvreté et lutter contre les inégalités et l’injustice dans le monde. Depuis les années 1990, la microfinance s’est imposée comme solution à la pauvreté. Selon plusieurs auteurs, la microfinance est un outil efficace pour la lutte contre l’exclusion bancaire, la création de nouvelles solidarités et le développement local. Le microcrédit s’avère alors pertinent comme approche de développement inclusif. Parallèlement à la microfinance, la finance participative connaît aujourd’hui un essor considérable auprès du public. Différents modèles de financement participatif sont employés par des micro-entreprises et des petites entreprises du monde entier pour recueillir des fonds. À l’instar du modèle de microfinancement utilisé pour financer de petites entreprises, le modèle de financement participatif basé sur les prêts entre particuliers et micro-entrepreneurs permet aux entreprises en démarrage et à celles qui sont déjà établies d’avoir accès à une source de financement alternatif moyennant une rémunération (paiement des intérêts) relativement faible par rapport à celle des banques. À l’aube de la mise en œuvre du nouveau programme de développement durable, il est impérieux de faire un état des lieux de l’impact socioéconomique de la microfinance et du financement participatif dans la lutte cotre les inégalités et les injustices. Dans ce contexte, ce colloque se propose de répondre aux questions suivantes : quels sont les points forts et les points faibles de ces deux types de financement inclusif? Quels sont leurs points de rencontre? Comment peuvent-ils être plus efficaces dans la lutte contre la pauvreté, les inégalités et l’injustice? Qu’est-ce qui caractérise le financement participatif et quel est son impact sur le développement des micro-entreprises et des petites entreprises?