pen icon Colloque
quote

La mobilisation autochtone contre les industries extractives au Chili : le multiculturalisme néolibéral a-t-il été une menace pour les processus politiques?

XC

Membre a labase

Ximena Cuadra Montoya : Universidad Católica del Maule

Résumé de la communication

En 2008, le Chili a signé la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail sur les Droits des peuples autochtones et tribaux. Dans la littérature sur les changements des cadres de reconnaissance autochtone en Amérique Latine, il s'est discuté de la menace que ces politiques représentent pour les processus politiques des autochtones (Hale, 2002; Postero, 2004; Richard et Gardner, 2013). Premièrement, ces reconnaissances seraient de nature multiculturelle puisqu'elles acceptent la différence, représentant ainsi les autochtones face aux sociétés majoritaires, mais n'octroieraient point des droits politiques substantiels. Deuxièmement, les entreprises et le gouvernement utiliseraient ce cadre pour faire avancer l'agenda du capitalisme global à travers des mécanismes d'accommodements afin d'intégrer les autochtones aux dynamiques de l'économie néolibérale. Ainsi, j'analyserai le cadre des changements institutionnels au Chili tout en soutenant que les politiques extractivistes acceptent ce caractère multiculturel. Par contre, je montrerai que la mobilisation contre l'industrie hydroélectrique, dans les cas des Mapuches, n'a pas nécessairement affaibli leur processus d'organisation dans un contexte de négociation. Plutôt, on retrouve de nouvelles expressions de repolitisation des revendications autochtones qui s'expriment à travers la lutte pour la reconnaissance de leur droit au consentement libre, préalable et éclairé ainsi qu'à maintenir leurs propres modes de vie.

Résumé du colloque

Les transformations sociales, politiques et économiques récentes dans les Amériques relèvent d’un processus de redéfinition du politique, devenu plus évident dans le contexte actuel de « fin de cycle » des régimes dits progressistes. En effet, depuis une quinzaine d’années, on constate un élargissement des pratiques démocratiques et citoyennes à l’extérieur du champ institutionnel traditionnel, en même temps qu’un rétrécissement des libertés publiques et une augmentation des pouvoirs de répression de la part des autorités étatiques. Par ailleurs, la mobilisation et l’action collective des acteurs sociaux sont de plus en plus ancrées à l’échelle locale ou régionale et prennent souvent la forme de mouvements de défense des collectivités face à l’accélération de la détérioration des milieux de vie. Ces mobilisations donnent parfois lieu à une revalorisation par les populations locales de leur pouvoir d’agir à différentes échelles, lequel vise à contrer l’effet des menaces qui pèsent sur leur qualité de vie et leurs conditions de survie. Dans d’autres cas, des conflits sociaux émergent et favorisent l’enracinement de pratiques autoritaires telles que la répression, la corruption et l’utilisation de la violence.

Ces dynamiques contradictoires engendrent des innovations politiques importantes dont l’étude systématique contribue à éclairer les trajectoires de construction de la citoyenneté (droits citoyens et inclusion politique) dans les Amériques. L’actuelle redéfinition, voire réinvention, du politique se situe à la croisée des tensions que nous observons entre deux versants de la société : 1) les espaces publics / lieux physiques et médiatisés de débats entre citoyens sur les enjeux qui concernent la gestion de la chose publique; et 2) les espaces de vie / territoires ou lieux à l’intérieur desquels s’organisent la production et la reproduction sociale (Thede et Dufour-Poirier, 2014). Ce colloque explorera certaines des dimensions actuelles de ce processus.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 12 mai 2016

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :