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La planification « insurgente » comme pratique de contestation à l'urbanisme néolibéral : les expériences de Pointe-Saint-Charles (Montréal) et Vila Autódromo (Rio de Janeiro)

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Anne Latendresse : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Cette communication concerne des expériences de planification urbaine et d'aménagement menées dans des quartiers de Montréal et de Rio de Janeiro pouvant être considérées comme l'expression d'une volonté populaire de s'insurger face au régime urbain néolibéral qui dépossède les habitants de leur espaces de vie et les menace d'expulsion. Les dispositifs de participation institutionnalisés suscitent souvent la méfiance et le scepticisme des citadins, la planification insurgente (Miraftab, 2009) renvoie à des pratiques qui remettent en question le modèle actuel de gouvernance locale et dénoncent, par le fait même, ses promesses fallacieuses « d'inclusion citoyenne ». Nous présenterons deux études de cas pour illustrer des expériences de planification insurgent soit l'Opération populaire d'aménagement (OPA) du quartier Pointe-Saint-Charles (Montréal) et le Plan populaire de Vila Autódromo, une communauté spontanée (favelas) située dans la zone ouest de la ville de Rio de Janeiro. Tout en considérant les différentes réalités politiques, économiques et culturelles des sociétés québécoises et brésiliennes, nous verrons que ces deux expériences de planification insurgente ont impliqué la création d'espaces sociaux et politiques (invented spaces) de lutte pour le Droit à la ville, défiant ainsi les voies formelles de représentativité (invited spaces). Elles ont en commun la construction d'un imaginaire de la ville qui met de l'avant la valeur d'usage de l'espace et le droit à la ville.

Résumé du colloque

Les politiques de développement tout comme celles d’aménagement territorial contribuent à marginaliser certains groupes sociaux en assignant notamment des places et des occupations différenciées au sein de la société. Les populations visées par cet assujettissement ne se conforment pas nécessairement aux politiques et discours dominants. Leur résistance s’exprime à travers des contre-discours et des pratiques transgressives issus d’imaginaires sociaux. Les imaginaires sociaux font référence à la capacité de donner sens au monde qui nous entoure, particulièrement en posant l’existence des liens rassembleurs d’un « nous » imaginé. Constituées en acteurs politiques, les populations visées par ces discours dominants accordent une importance vitale à leur espace géographique, espace qu’elles investissent et sur lequel elles ont tissé des rapports sociaux et culturels qui assurent leur survie. L’analyse du rôle de ces imaginaires dans la construction des représentations sociales permet à la fois de rendre compte de l’irréductibilité de certaines conceptions du développement et de l’espace, et de saisir certains types de représentations qui résistent aux catégories prévues dans les politiques et les discours dominants.

Les pratiques d’appropriation de l’espace se multiplient et mettent en lumière l’enjeu politique inhérent à la dispute des lieux à travers des expressions diverses comme le théâtre, le conte, les festivités, les protestations contre le modèle économique, l’arrivée des déplacés, les occupations de terres et d’édifices publics, les demandes d’autonomie territoriale ou les dispositifs comme les cartes imaginaires. Ce colloque vise à définir des pratiques contre-discursives du développement et de l’aménagement territorial. Quels imaginaires de l’espace et du développement sont aujourd'hui véhiculés? Comment certains imaginaires participent-ils à reconfigurer de nouveaux espaces sociaux et politiques?

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 12 mai 2016

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