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Rihab Saidane : UQAM - Université du Québec à Montréal
L'objectif de cette recherche était d'étudier la direction de la relation entre la conscience morphologique et le vocabulaire chez des élèves francophones de 4e année du primaire. Les participants étaient 83 élèves d'une école située dans la région de Montréal. Pour vérifier la direction de la relation, nous avons administré trois tâches de conscience morphologique et deux tâches de vocabulaire. Nous avons administré les tests en deux temps. Pour bien isoler la relation, nous avons également mesuré au temps 1 des variables susceptibles d'intervenir telles que la conscience phonologique, l'intelligence non verbale, l'orthographe lexicale et l'identification des mots. Les résultats des analyses statistiques ont démontré que la relation entre la conscience morphologique et le vocabulaire chez la population ciblée est bidirectionnelle. La conscience morphologique au temps 1 expliquait 11.7% de l'amélioration de la connaissance des mots au temps 2 et la connaissance des mots au temps 1 expliquait 4.8% de la conscience morphologique au temps 2. Ces résultats s'ajoutent aux résultats existants qui appuient l'hypothèse d'une relation bidirectionnelle entre la conscience morphologique et le vocabulaire (McBride-Chang et al., 2008; Kieffer et Lesaux, 2010).
Le caractère multidimensionnel de la conscience morphologique est à l’origine de son apport au développement de divers aspects de la littératie. En effet, les contributions de la conscience morphologique à l’identification des mots écrits (Colé et al., 2011; Casalis, Quémart et Duncann, 2015; Fejzo, 2014), à la production des mots écrits (Pacton, Fayol et Perruchet, 2005; Sénéchal et al., 2006; Chapleau, 2013), au développement du vocabulaire (Bowers et Kirby, 2010; Sparks et Deacon, 2015; Kieffer et Lesaux, 2012) et à la compréhension en lecture (Kirby et al., 2011) ont largement été documentées. Ces études ont été réalisées auprès de populations de divers âges (Rey, 2015; Casalis et Louis-Alexandre, 2000), auprès de normolecteurs-scripteurs et d’élèves aux besoins particuliers (Casalis et al., 2004; Berthiaume et Daigle, 2014) et dans des contextes linguistiques variés (Desrochers et al., 2015; Carlisle, 2010). Les chercheurs en France et au Canada étant nombreux à s’intéresser à cette capacité métalinguistique, il s’avère nécessaire de les rassembler afin d’échanger des idées sur les nouveaux enjeux de recherche : comment les enfants francophones développent-ils la conscience morphologique? comment l’évaluer et la développer? quelles seraient les modalités de son entraînement? À cet effet, la tenue d’un colloque permettra aux chercheurs qui travaillent en contexte francophone de faire le point sur les travaux actuels et de poursuivre l’avancement des connaissances autour de cet objet d’étude. Voici des axes autour desquels les participants seront amenés à échanger : évaluation et développement de la conscience morphologique; contribution de la conscience morphologique au développement des processus spécifiques de l’écrit, au développement du vocabulaire, à la compréhension en lecture en L1 et en L2, effets et modalités de l’intervention en conscience morphologique; nouvelles avenues pour la recherche portant sur la conscience morphologique.
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Thème du colloque :