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La séduction : d'un pouvoir-sur vers une puissance pour toutes et tous

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Lauran Ayotte : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Notre intention est de traiter des enjeux normatifs et politiques entourant la séduction à l'échelle de soi à soi-même, de soi par rapport à autrui et de soi en rapport au monde. En dévoilant l'évidente asymétrie des rapports de séduction, nous aimerions développer un sens de la séduction non pas comme extension de soi, mais plutôt comme expansion de soi. Notre déplacement sera une invitation à quitter l'univers de la collaboration pour glisser vers celui de la coopération. Après une présentation de cette métaphysique de la puissance appliquée dans la sphère de la séduction, nous tirerons les conséquences et les limites de cette approche sur les trois échelles proposées initialement notamment concernant la nécessité d'une intégration des vulnérabilités.

Résumé du colloque

La séduction est au cœur de nos relations, et souvent à notre insu. Nous avons tendance, en Occident, à la réduire aux relations qui relèvent de la sexualité humaine (Baudrillard), et à la penser selon la triple dimension de la vérité, du pouvoir et de la sensibilité. Dans chacune de ces dimensions, elle est aussi en tension : entre tromperie et révélation (vérité), manipulation et libération (pouvoir), raison et désir (sensibilité). Mais la relation de séduction, à travers l’histoire, concerne aussi la pédagogie (le modèle et l’émulation : voir Rivard, 2012), le politique (le charisme et la rhétorique : Delporte), l’économie (la publicité, l’envie), le monde animal (les animaux entre eux — les parades — ou avec les humains : Bomsel, Lestel) et même notre relation aux choses, créées (les arts et les lettres, la technologie et ses promesses) ou non (le paysage, voir Cartier et Lew). Si la séduction est liée au désir et au symbole, à la reconnaissance et à l’acceptation, mais aussi à l’emprise et à la subjugation, on en comprendra aisément l’influence, l’importance et la force, aussi bien positive que négative, et cela tant pour le vivre ensemble que comme marqueur identitaire. Comment qualifier et comprendre les liens que nous tissons par le truchement de la séduction, en déceler les mécanismes communs, en entreprendre la critique? Par exemple, peut-on être séduit sans séducteur, comme quand un paysage nous charme? Y a-t-il séduction même sans intentionnalité consciente, comme chez les animaux ou quand autrui nous trouve attirant? Comment comprendre le jeu du désir dans la séduction, que son objet soit le sexe, l’amitié, l’apprentissage ou le profit? Quels sont ses symboles et ses rituels privilégiés? Peut-on d’ailleurs regrouper sous un même concept l’attirance, le charme, la fascination, l’influence, l’envoûtement et la séduction? L’intitulé de notre colloque nous invite à l’appréhender comme une relation complexe et dans la variété de ses manifestations.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 12 mai 2016

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