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Le discours de l'Organisation fraternelle noire hondurienne : entre subjectivation politique et imaginaire social de la dépossession (2010-2015)

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David Longtin : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La littérature scientifique s'intéressant au mouvement afrodescendant en Amérique centrale, et plus spécifiquement au Honduras, ont mis en lumière l'importance des revendications de l'espace (terres, communautés, territoires, etc.) et des constructions identitaires dans les luttes des garífunas. Or, peu d'études ont porté sur les manières dont les significations attribuées à l'espace dans le cadre de ces luttes s'articulent aux multiples formes de subjectivation politique. Au Honduras, l'Organisation fraternelle noire hondurienne (OFRANEH) a joué un rôle central dans ces luttes. À travers une analyse du discours d'un corpus de 191 communiqués émis par l'organisation entre septembre 2010 et septembre 2015, cette communication s'intéresse aux effets politiques produits par les renvois de significations imaginaires attribués à l'espace et à la subjectivité dans le cadre des mobilisations récentes menées par l'OFRANEH contre différents projets de développement affectant des communautés garífunas de la Côte-Nord du Honduras. À travers ces renvois de significations imaginaires, le discours de l'OFRANEH participe à l'énonciation de nouvelles subjectivités qui renvoient à un rapport spécifique à l'espace, la dépossession. Ce rapport de dépossession marque l'espace d'un langage conflictuel, faisant apparaître de nouvelles formes de subjectivation politique qui se nouent dans l'écart entre diverses formes d'identification indigènes, afrodescendantes et paysannes.

Résumé du colloque

Les politiques de développement tout comme celles d’aménagement territorial contribuent à marginaliser certains groupes sociaux en assignant notamment des places et des occupations différenciées au sein de la société. Les populations visées par cet assujettissement ne se conforment pas nécessairement aux politiques et discours dominants. Leur résistance s’exprime à travers des contre-discours et des pratiques transgressives issus d’imaginaires sociaux. Les imaginaires sociaux font référence à la capacité de donner sens au monde qui nous entoure, particulièrement en posant l’existence des liens rassembleurs d’un « nous » imaginé. Constituées en acteurs politiques, les populations visées par ces discours dominants accordent une importance vitale à leur espace géographique, espace qu’elles investissent et sur lequel elles ont tissé des rapports sociaux et culturels qui assurent leur survie. L’analyse du rôle de ces imaginaires dans la construction des représentations sociales permet à la fois de rendre compte de l’irréductibilité de certaines conceptions du développement et de l’espace, et de saisir certains types de représentations qui résistent aux catégories prévues dans les politiques et les discours dominants.

Les pratiques d’appropriation de l’espace se multiplient et mettent en lumière l’enjeu politique inhérent à la dispute des lieux à travers des expressions diverses comme le théâtre, le conte, les festivités, les protestations contre le modèle économique, l’arrivée des déplacés, les occupations de terres et d’édifices publics, les demandes d’autonomie territoriale ou les dispositifs comme les cartes imaginaires. Ce colloque vise à définir des pratiques contre-discursives du développement et de l’aménagement territorial. Quels imaginaires de l’espace et du développement sont aujourd'hui véhiculés? Comment certains imaginaires participent-ils à reconfigurer de nouveaux espaces sociaux et politiques?

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 12 mai 2016

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