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Le foisonnement des « entrepreneurs parallèles » et l'offre des soins de santé informelle à Yaoundé

YD

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Yves Bertrand Djouda Feudjio : Université de Yaoundé I

Résumé de la communication

De nombreux Africains se soignent encore dans les structures de soins informelles. Face aux coûts élevés des soins et aux pratiques déviantes (violences verbale, psychologique, physique, économique…) observées dans les hôpitaux publics dits de référence, les malades et les familles les moins nantis ont progressivement opté pour les trajectoires sanitaires informelles ou parallèles. Au Cameroun par exemple, ils fréquentent désormais une pluralité de cabinets de soins, des pharmaciens de rue, des tradipraticiens, des naturopathes, des prophètes exorcistes et même des spécialistes de la médecine chinoise. Ces nouveaux «entrepreneurs» qui ont su capitaliser à leur profit la crise ou les faiblesses du système de santé public, sont devenus incontournables dans le champ sanitaire camerounais. Même si leur légitimité institutionnelle reste à construire ou à conquérir, ces «entrepreneurs» de la santé, jouissent désormais d'une légitimité sociale établie. Dans un contexte camerounais où les structures sanitaires orthodoxes ont « renoncé ou reculé » face à leurs responsabilités et sont devenues « inaptes » à porter efficacement secours, ces soignants parallèles ou « d'en bas » jouent le rôle de « sapeurs pompiers ». Ils exercent auprès des couches sociales moins nanties une action sanitaire certaine, acceptée, recherchée, réclamée et même défendue ; ils permettent à de nombreux individus de « rester debout ».

Résumé du colloque

Le poids grandissant du secteur informel dans les économies, notamment dans l’emploi au sein des pays à faible revenu, impose de l’inscrire parmi les priorités des gouvernements et de la communauté internationale en matière de développement. Ses nombreuses implications en termes de productivité, de compétitivité, d’environnement des affaires et de qualité des emplois offerts en font l’un des défis majeurs à la diversification de ces économies vers des activités plus productives dans les secteurs agricoles et industriels, et à leur intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales. De toute évidence, l’informel présente des avantages pour les pays à faible revenu du fait des emplois générés et du rôle de soupape de sécurité qu’il joue vis-à-vis des segments les plus défavorisés de la population. D’un autre côté, il induit un niveau de productivité plus faible, de substantiels manques à gagner fiscaux, des niveaux de précarité indescriptibles sur les emplois créés et une dualité dans l’environnement des affaires mettant en péril le cadre réglementaire.

À la lumière des expériences de plusieurs pays de l’espace francophone, ce colloque se propose de faire un état des lieux détaillé du secteur informel, tel qu’il apparaît dans plusieurs régions du monde, à travers une approche factuelle nécessaire pour des politiques publiques basées sur des évidences scientifiques. Le colloque fournit une occasion unique de traiter à la fois des causes, des manifestations, des formes et des conséquences de l’informel, avec des compétences locales et internationales, et dans une approche pluridisciplinaire et multiculturelle. Les mécanismes, modalités et politiques de transition vers l’économie formelle seront également abordés.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 12 mai 2016

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