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Georges Kriyoss Mfouapon
Le système financier traditionnel a toujours exclu les entreprises informellement constituées du financement bancaire. Or, cette catégorie d'entreprises a un potentiel de développement certain et constitue une véritable niche d'emplois. Pour financer le développement de ses activités et faciliter leur transition vers le secteur formel, nombre de promoteurs de ces unités au Cameroun ont pensé un modèle de développement endogène qui assure la mobilisation et l'allocation des ressources, le coaching et le recouvrement des créances. La lecture des données secondaires des unités de MC2 du Cameroun montre qu'en moyenne 140 000 promoteurs de micro entreprises ont mobilisé environ trente Milliards de FCFA par an sur la période allant de 2007 à 2013, et ont bénéficié sur la période de référence 129 milliards de FCFA de crédit. L'étude montre en toile de fonds le rôle joué par les mécanismes culturels, institutionnels et d'encadrement dans la réduction du risque de défaut des promoteurs des entreprises informelles et la maîtrise des normes prudentielles par leur mutuelle. La lecture des résultats financiers engrangés par les unités du modèle MC2 et le développement des entreprises informelles valorisent la qualité du gouvernement mis en place, et force à subordonner le développement socioéconomique du Cameroun à celui des entreprises informelles.
Le poids grandissant du secteur informel dans les économies, notamment dans l’emploi au sein des pays à faible revenu, impose de l’inscrire parmi les priorités des gouvernements et de la communauté internationale en matière de développement. Ses nombreuses implications en termes de productivité, de compétitivité, d’environnement des affaires et de qualité des emplois offerts en font l’un des défis majeurs à la diversification de ces économies vers des activités plus productives dans les secteurs agricoles et industriels, et à leur intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales. De toute évidence, l’informel présente des avantages pour les pays à faible revenu du fait des emplois générés et du rôle de soupape de sécurité qu’il joue vis-à-vis des segments les plus défavorisés de la population. D’un autre côté, il induit un niveau de productivité plus faible, de substantiels manques à gagner fiscaux, des niveaux de précarité indescriptibles sur les emplois créés et une dualité dans l’environnement des affaires mettant en péril le cadre réglementaire.
À la lumière des expériences de plusieurs pays de l’espace francophone, ce colloque se propose de faire un état des lieux détaillé du secteur informel, tel qu’il apparaît dans plusieurs régions du monde, à travers une approche factuelle nécessaire pour des politiques publiques basées sur des évidences scientifiques. Le colloque fournit une occasion unique de traiter à la fois des causes, des manifestations, des formes et des conséquences de l’informel, avec des compétences locales et internationales, et dans une approche pluridisciplinaire et multiculturelle. Les mécanismes, modalités et politiques de transition vers l’économie formelle seront également abordés.
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