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Le miroir aux alouettes de l' « inclusion » : produire du logement social en temps d'austérité et de mixité (Québec/France)

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Fabien Desage : Université de Lille

Résumé de la communication

Depuis une dizaine d'année, en France et au Québec, la fixation d'un taux minimum de logements sociaux par commune et/ou par opération nouvelle semble devenu l'un des instruments privilégié de développement du logement social. Ces taux sont contraignants en France et incitatifs au Québec, mais procèdent d'une logique semblable, valorisant la mixité sociale et insistant sur les opportunités de développement que fourniraient les opérations privées, dans un contexte de disette budgétaire. L'une des originalités de cette politique consiste à faire des communes résidentielles déficitaires et/ou des promoteurs privés les nouvelles cibles et vecteurs privilégiés de la construction de logements sociaux. Autrement dit, de placer au cœur du dispositif un ensemble d'acteurs traditionnellement réfractaires au logement social. Si ces derniers ont d'abord contesté ces objectifs, nos recherches indiquent qu'ils s'y sont assez largement ralliés dans la période plus récente. Comment expliquer cette « conversion » apparente ? Nous montrerons notamment que l'acceptation du principe d'un « taux minimum de logements sociaux » n'a été consentie par ces traditionnels « veto groups » qu'à la condition implicite d'en restreindre l'accès aux habitants issus de la commune (France) ou aux demandeurs sélectionnés par le réseau coopératif (Québec). Autrement dit, d'en exclure les populations les plus « indésirables » et stigmatisées.

Résumé du colloque

Depuis 2008, nous pouvons observer un retour des approches critiques en sciences sociales. Il suffit de penser à l’importance des travaux de David Harvey (2009, 2010) et de David McNally (2009, 2013) sur la crise financière des dernières années. On assiste aussi à un retour de la critique dans le discours scientifique, entre autres par l’organisation de tables rondes lors de la conférence internationale de la Urban Affairs Association en 2008, qui a mené à la publication d’un ouvrage collectif, ou de l’apparition de nouvelles revues scientifiques telle que Justice spatiale/Spatial Justice, ainsi que le renouveau de publications plus anciennes comme Critical Planning et Antipode.

Les approches critiques présentées dans ces travaux se penchent sur les caractéristiques du développement de la société capitaliste à travers ses cycles de crise et de restructuration. Elles intègrent à l’analyse les dynamiques de pouvoir, de domination et d’inégalités sociales engendrées par ces cycles. Elles visent à déconstruire les mécanismes qui produisent ces dynamiques. En études urbaines et régionales, les approches critiques sont utilisées notamment dans l’étude des politiques urbaines et plus récemment dans l’étude de différentes questions touchant le logement, l’embourgeoisement ou encore ne planification urbaine inclusive.

Il reste que de trop nombreux travaux récents en sciences sociales sont peu territorialisés et encore moins à l’échelle locale. Or, les différentes échelles territoriales sont aux prises avec ces déstructurations et restructurations de leurs activités économiques et sociales créées par les dynamiques engendrées par le développement de la société capitaliste. Celles-ci ont eu des répercussions directes sur les restructurations économiques et spatiales, alimentant les injustices sociales et spatiales dans nos villes et nos régions, d’où notre intérêt pour une réflexion collective sur le renouveau des approches critiques en études urbaines, régionales et territoriales.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Hélène Bélanger
section icon Date : 12 mai 2016

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