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Jean-Yves CARIOU : Université des Antilles
Les analyses historiques et épistémologiques font apparaître l'esprit scientifique comme assemblant deux formes d'esprit complémentaires : l'une où s'exprime la création, l'autre où s'exercent la logique et la rigueur. Cet aspect double est reconnu par des psychologues, des éducateurs et des scientifiques : Piaget parle d'esprit d'invention et d'esprit de contrôle, Bruner utilise la métaphore de la main gauche intuitive et de la main droite rigoureuse, Jacob distingue la « science de nuit » instinctive et la « science de jour » des raisonnements. Les dernières avancées en neurosciences rendent compte de cette dualité : pour Dehaene et Changeux, l'apprentissage fonctionne par prédictions et corrections.
Ces perspectives épistémologiques et psychologiques invitent l'enseignement des sciences à porter attention au développement et à l'articulation de ces deux formes d'esprit. Diverses études montrent cependant que les pratiques habituelles y sont peu favorables, les élèves étant surtout simples exécutants ou la démarche étant fortement guidée. Le cadre théorique présenté propose des principes et des critères d'analyse des rôles et des interactions en classe qui favorisent l'initiative des apprenants lors de phases de création et de contrôle, les plaçant ainsi en situation de stratèges de leurs apprentissages.
À l’heure actuelle, les enseignants francophones du Canada, et probablement ailleurs dans le monde, n’ont pas accès à des modèles contextualisés des meilleures pratiques en ST. Or, une meilleure accessibilité de ces pratiques gagnantes en ST pourrait être de nature à assister les enseignants dans leur développement professionnel pour affiner leurs pratiques d’enseignement. Plusieurs critères provenant d’Australie ou d’ailleurs pourront être retenus pour aider à définir, caractériser et délimiter les critères des pratiques gagnantes en ST. Notre démarche de facilitatrices se situe dans un paradigme qui reconnaît les enseignants comme professionnels et comme acteurs à même de définir leurs exemples de pratiques et à les diffuser librement à leurs pairs. Ces acteurs expriment leurs appréciations des exemples de pratiques et le font selon leurs propres valeurs éducatives et professionnelles, démarche qui s’éloigne de l’instrumentalisation croissante en éducation. Notre symposium réunira des chercheurs en didactique des ST et du développement professionnel sur la base de leur intérêt pour les exemples de pratiques en ST, ou pour les stratégies d’accompagnement qui servent à caractériser ces pratiques. Les perspectives sélectionnées pour présenter les travaux peuvent être d’ordre épistémologique, théorique, pratique ou curriculaire, ou encore être axées sur l’intervention éducative, la formation des enseignants ou les compétences du 21e siècle. Le symposium vise à répondre à des questions. Quels sont ces exemples de pratiques en ST qui pourraient inspirer les enseignants et leur fournir des outils pour enseigner plus efficacement, selon une perspective de développement professionnel (et non d’instrumentalisation de l’enseignement scientifique)? Sur quels fondements théoriques et épistémologiques reposent les exemples de pratiques en ST? Quelles sont les démarches d’accompagnement des enseignants qui servent à caractériser les pratiques gagnantes en ST?
Titre du colloque :