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Olivier Riffon : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Le développement durable (DD) est devenu un concept faisant l'objet d'un large consensus social, tant auprès des organisations économiques, sociocommunautaires, environnementales que politiques. Parce qu'il touche plusieurs types d'acteurs et d'organisations, l'interprétation de sa définition tend à varier selon les besoins, la culture et la hiérarchie des valeurs de celui qui s'en approprie l'intention. De même, les outils utilisés pour sa mise en œuvre varient selon le contexte et les besoins.
Partout dans le monde, des municipalités ont entamé des démarches territoriales de DD. Devant l'absence de règles d'application à l'échelle locale, divers instruments peuvent être utilisés pour guider la démarche de ces collectivités. Au Québec, des municipalités ont adopté le cadre de l'Agenda 21 local, de The Natural Step, ou encore des outils de planification territoriale tels le plan d'urbanisme et le schéma d'aménagement et de développement. Ces instruments s'inscrivent dans des interprétations différentes du DD.
La littérature en matière de DD comporte une multitude de propositions de typologie, mais peu d'entre elles s'attardent aux représentations du DD, encore moins dans l'objectif de distinguer les caractéristiques de ces instruments de mise en œuvre. Nous proposons une telle typologie qui permet de distinguer les représentations du développement durable inhérentes à chaque instruments, afin de faciliter le choix des municipalités qui s'engagent dans ces démarches.
Dès les années 1970, l’émergence d’une conscience « écologique » a remis en question l’« idéologie de la croissance » qui présidait au développement des villes après la Seconde Guerre mondiale. À la suite du rapport Halte à la croissance du Club de Rome de 1972, des chocs pétroliers de 1972 et 1979, de la multiplication des grandes catastrophes industrielles comme celles de Bhopal en 1984 et Tchernobyl en 1986, de la montée des mouvements écologistes, du rapport Brundtland de 1987 et du troisième Sommet de la Terre tenu à Rio de Janeiro en 1992, qui a donné naissance à l’Agenda 21, les modalités traditionnelles de planification et de gestion urbaines ont été appelées à être configurées sous un autre jour, celui du « développement urbain durable ». Ce principe devient un « impératif » des politiques publiques et un « cadre de référence pour l’action publique urbaine ». Le développement urbain durable constitue alors une prescription qui renvoie, en principe, à l’intégration des dimensions économiques, environnementales, sociales et culturelles dans le développement des villes. Dans la foulée du Sommet sur le développement durable qui s’est tenu à New York en septembre 2015, dont l’un des objectifs renvoie aux « villes et collectivités durables », ce colloque vise à faire le point sur la mise en pratique de la « ville durable ». Les stratégies de développement urbain durable sont-elles efficaces? De quel point de vue et comment en évaluer les effets? Ces stratégies accordent-elles une importance prépondérante à la dimension environnementale, en mettant l’accent sur les enjeux du transport, de la densité urbaine ou des espaces verts? Dans quelle mesure les dimensions sociale et culturelle sont-elles également prises en compte? Et l’objectif de croissance est-il véritablement remis en cause? Voilà des questions auxquelles les participants de ce colloque tenteront d’apporter des réponses.
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