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L'imaginaire stigmatisé du rapport à l'autre ou comment s'en défaire pour une harmonisation des relations interculturelles

GN

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Gérard Nkunzimana

Résumé de la communication

Le présent texte se propose de réfléchir sur les facteurs qui seraient favorables ou défavorables à l'harmonisation des relations interculturelles.Assumer ses appartenances multiples (Maalouf, 1998), déstigmatiser ses rapports à l'autre, forger un imaginaire humaniste, sont là les quelques défis, parmi tant d'autres, qui hantent l'harmonisation des relations interculturelles. Afin de mieux réfléchir sur cet objet, nous tentons d'articuler deux théories, la théorie de l'identité (Goffman, 1963; 1975) exploitant le concept de stigmatisation, et la théorie des structures anthropologiques de l'imaginaire (Durand, 1960). En effet, avec le réflexe qui nous habite, souvent, cherchant à catégoriser l'autre pour l'identifier, la théorie de l'identité nous permet d'explorer le concept de stigmatisation qui analyse chez Goffman (op.cit.) une relation qui lie ce qu'il appelle un normal et un stigmatisé. Ce dernier étant traité en inégalité ou en infériorité sur base de son appartenance qui peut être, religieuse, raciale, ethnique, communautaire, régionale, linguistique, etc. Par rapport à la Théorie des structures anthropologiques de l'imaginaire, nous tentons, à travers le concept de l'imaginaire, de saisir comment nos imaginaires, nos représentations, nos croyances, nos perceptions, nos discours peuvent nous amener ou non à préfigurer l'autre comme un tarépar rapport à nous.

Résumé du colloque

Le thème de l’harmonisation des relations interculturelles constitue un enjeu central de nos sociétés. Avec l’augmentation des flux migratoires et la mondialisation des enjeux politiques associés aux différences culturelles, la question des relations interculturelles devient récurrente dans l’actualité mondiale. Plusieurs événements récents rendent encore plus pertinente l’idée de s’interroger sur les enjeux, les stratégies, les obstacles et les pratiques liés à l’harmonisation des relations interculturelles. Au Québec, après la crise des « accommodements raisonnables » vint la crise sur la charte des valeurs, puis la crise du Niqab. L’exemple de la crise des réfugiés en Europe permet de mettre en question les stratégies diplomatiques et politiques des États pour accepter ou refuser un nombre conséquent d’individus jugés non intégrables. La crise en Syrie, les attaques de Boko Haram ou les attentats de Bamako, de Beyrouth, de Paris et de Tunis suggèrent une reconfiguration de la géopolitique et des intérêts stratégiques avec en toile de fond une lutte contre les terroristes transnationaux ou sectaires.

Face à une situation de déliquescence du débat public concernant le rapport à l’autre, le colloque vise à réfléchir aux stratégies nécessaires pour l’harmonisation des relations interculturelles. Quel est le rôle des dispositifs institutionnels et de la vie associative dans cette conciliation? La participation citoyenne par l’exercice des droits politiques, sociaux et culturels et par l’entremise des espaces de dialogue constitue-t-elle des lieux de pratique du vivre ensemble grâce à une négociation collective? Comment les différents acteurs (organisations internationales, gouvernements, organismes communautaires ou individus) interprètent-ils la situation actuelle? Outre la religion et les médias, quels sont les autres facteurs favorisant ou empêchant l’harmonisation des relations interculturelles? Quelles stratégies d’intervention sont mobilisées entre les centres et les périphéries à l’échelle locale et à l’international?

Les organisateurs remercient le CRSH (Conseil de recherches en sciences humaines) pour le financement d’une recherche partenariale qui a rendu possible la tenue de ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 12 mai 2016

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