Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Clint BRUCE : Université Sainte-Anne
La communication se penchera sur une enquête effectuée en mars 2015 sur l'orientation future des Congrès mondiaux acadiens. Confrontée à des critiques contre leur formule actuelle, la Société nationale de l'Acadie a mandaté des chercheurs d'élaborer cette « consultation publique ». Pour le président de la SNA, il s'agit « [d']imagin[er] ce qui assurera l'avenir de l'Acadie : ses institutions, ses modes de communication, son pouvoir économique et culturel, sa solidarité communautaire, etc». Par rapport aux autres aires de la francophonie canadienne, la question du pouvoir prend une forme particulière en Acadie en raison des débats sur le rôle de la diaspora acadienne. Alors que Léon Thériault insistait sur la nécessité politique de distinguer entre Acadiens francophones et « ceux qui sont d'origine acadienne», la tenue des CMA ramène sur le tapis les diverses conceptions de l'Acadie et de l'identité acadienne. L'importance accordée aux réunions de famille, qui rassemblent l'Acadie « généalogique », est particulièrement contestée. Nous examinerons deux aspects de la Consultation: la présentation et les discussions publiques sur les enjeux de l'enquête, surtout en ce qui concerne le pouvoir décisionnel et l'agir collectif et le rôle de la diaspora vis-à-vis du projet de société des Acadiens des Maritimes. Ce deuxième axe sera abordé en confrontant la situation acadienne aux études sur le pouvoir politique des diasporas transnationales en tant que projet politique.
Dans La question du pouvoir en Acadie, Léon Thériault affirme : « Jamais, dans notre histoire récente, n’a-t-il été aussi urgent de susciter le débat sur cette grave question. » Cet appel au débat lancé en 1982 nous paraît tout aussi pertinent aujourd’hui, notamment dans un contexte où les communautés francophones minoritaires au Canada ont l’impression de faire les frais d’un déficit de pouvoir à divers niveaux.
Le pouvoir se décline de multiples façons, selon les disciplines universitaires ou les lieux d’action de la société civile. En plus de réfléchir à la manière dont les francophones participent au sein des lieux de pouvoir, on peut s’intéresser aux contenus éducatifs des cursus scolaires touchant l’histoire et l’identité francophones pour évaluer quelles représentations du pouvoir ils véhiculent ou quels types d’engagements civiques ils promeuvent. On peut aussi se pencher sur les rapports de pouvoir qu’entretient le secteur économique de la francophonie canadienne avec celui de la majorité ou même avec les représentants des communautés francophones. De plus, le pouvoir est une notion contestée, de sorte que la définition que l’on confère au concept tend à manifester une position idéologique, voire des intérêts politiques. Le pouvoir devient une question d’autant plus urgente à l’heure du néolibéralisme, de la fragmentation de la sphère publique et d’une diversité culturelle grandissante.
En proposant ces pistes critiques, nous souhaitons que ce colloque constitue un point de rencontre où les débats que suscite ce questionnement ouvrent sur des réflexions renouvelées. Dans cet esprit, nous invitons les chercheurs à partager leurs recherches et leurs expériences sur trois axes — l’exercice du pouvoir, les représentations du pouvoir, le pouvoir et les élites — en plus d’autres enjeux particuliers aux milieux dans lesquels chacun évolue en lien avec la problématique.
Titre du colloque :
Thème du colloque :