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Amélie Groleau : Institut de la statistique du Québec
L'élaboration d'une enquête sociologique qualitative pousse à de nombreux choix méthodologiques, notamment au moment de la collecte de données. Or, chaque terrain comporte ses caractéristiques sociales et ses défis particuliers (Darmon, 2005). Ainsi, s'il est relativement facile de contacter des individus partageant une même situation sociale (ex. étudiants décrocheurs), encore faut-il les trouver. Cherchant à effectuer, dans le cadre de notre thèse, des entretiens semi-directifs auprès d'individus ayant un profil scolaire et social très spécifique, nous avons rapidement été confrontée à la question du recrutement des participants. Afin de contourner le problème, nous avons réalisé un vaste sondage en ligne, ouvert à tous et diffusé dans notre réseau d'interconnaissances afin de trouver parmi les répondants des individus cumulant les caractéristiques recherchées. L'usage d'Internet s'est avéré très efficace. En l'espace de quelques semaines, nous avons reçu un nombre de réponses surpassant nos attentes, ce qui nous a permis de procéder à notre enquête de terrain. Néanmoins, cette stratégie méthodologique a également soulevé certaines questions concernant, par exemple, le stockage des données, les critères de sélection à privilégier ou l'exploitation statistique de réponses n'ayant pas été collectées à cette fin. Cette communication vise à rendre compte de cette expérience de recherche tout en explorant les enjeux méthodologiques liés au recrutement en ligne de participants.
En collaboration avec le LabCMO et la Chaire de recherche UQAM sur les usages des technologies numériques et les mutations de la communication, ce colloque vise à réunir des chercheurs francophones issus de diverses institutions afin de tenir un dialogue fécond sur les processus méthodologiques de la recherche sur les usages d’Internet et des technologies numériques.
Avec les développements récents d’Internet et l’adoption massive des technologies numériques, les chercheurs en sciences sociales ont dû innover et développer des méthodes de collecte et d’analyse permettant de saisir des phénomènes en émergence (Barats et al., 2013). Certaines méthodes classiques comme l’ethnographie ont été adaptées aux objets de recherche numériques (Hine, 2000; 2015). D’autres ont émergé en tant que méthodes spécifiques, comme l’analyse algorithmique de gigantesques ensembles de données (big data) (DeLyser et Sui, 2013) et les méthodes numériques (digital methods) (Rogers, 2013). Ces dernières années, plusieurs colloques et de nombreuses publications scientifiques ont porté sur les enjeux liés à l’étude d’Internet et des technologies numériques, notamment en ce qui a trait à l’éthique de la recherche (Thoër et al., 2012; Latzko-Toth et Pastinelli, 2014), à l’épistémologie (Crawford et al., 2014; Boyd et Crawford, 2012) et aux effets culturels et politiques (Fuchs et al., 2013).
Ainsi, du design de la stratégie méthodologique jusqu’à la finalisation des analyses en passant par l’opérationnalisation des concepts, comment la recherche en sciences sociales, notamment en communication, s’adapte-t-elle à l’étude d’Internet et des usages des technologies numériques? Comment justifier la constitution d’un échantillon ou d’un corpus? À l’aune de quels critères établir la validité de nos données? De quelles manières les outils d’analyse sont-ils sélectionnés et quels en sont les biais inhérents? Ce colloque représente une occasion, d’une part, de recenser les différentes stratégies et outils méthodologiques utilisés afin d’étudier les usages d’Internet et des technologies numériques et, d’autre part, de réfléchir et de critiquer nos démarches de recherche en vue de les améliorer.
Thème du colloque :