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Kouadio Baya Bouaki : Université Félix Houphouët-Boigny
La petite entreprise individuelle non agricole est au cœur des dispositifs d'appui au secteur informel depuis plusieurs décennies. L'une des modalités d'appui à la micro-entreprise renvoie au financement de démarrage et de développement de celle-ci. L'observation donne à voir que la mise en route du petit entrepreneuriat individuel est largement financée sur fonds propres et dans une moindre mesure à travers le soutien de la famille ou de réseaux d'amis. En dépit d'un tel mode de financement, les dispositifs d'appui, ayant vu dans le petit entrepreneuriat un « atout majeur » pour les économies nationales des pays en développement, ont tendance à produire un financement formel diversement interprété par les bénéficiaires. A partir d'entretiens semi-directifs menés auprès d'exploitants de petites entreprises individuelles non agricoles en Côte d'Ivoire, ce texte propose une analyse des formes de justification des rapports différenciées aux financements disponibles (appui d'organismes, prêts bancaires formels, économies personnelles, apports familiaux, etc.). Il ressort qu'à l'inverse des logiques de rentabilité et de développement portées par les dispositifs d'appui, les exploitants de micro-entreprises individuelles non agricoles voient plutôt dans les financements octroyés des ressources à investir dans des espaces plus significatifs à leurs yeux.
Le poids grandissant du secteur informel dans les économies, notamment dans l’emploi au sein des pays à faible revenu, impose de l’inscrire parmi les priorités des gouvernements et de la communauté internationale en matière de développement. Ses nombreuses implications en termes de productivité, de compétitivité, d’environnement des affaires et de qualité des emplois offerts en font l’un des défis majeurs à la diversification de ces économies vers des activités plus productives dans les secteurs agricoles et industriels, et à leur intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales. De toute évidence, l’informel présente des avantages pour les pays à faible revenu du fait des emplois générés et du rôle de soupape de sécurité qu’il joue vis-à-vis des segments les plus défavorisés de la population. D’un autre côté, il induit un niveau de productivité plus faible, de substantiels manques à gagner fiscaux, des niveaux de précarité indescriptibles sur les emplois créés et une dualité dans l’environnement des affaires mettant en péril le cadre réglementaire.
À la lumière des expériences de plusieurs pays de l’espace francophone, ce colloque se propose de faire un état des lieux détaillé du secteur informel, tel qu’il apparaît dans plusieurs régions du monde, à travers une approche factuelle nécessaire pour des politiques publiques basées sur des évidences scientifiques. Le colloque fournit une occasion unique de traiter à la fois des causes, des manifestations, des formes et des conséquences de l’informel, avec des compétences locales et internationales, et dans une approche pluridisciplinaire et multiculturelle. Les mécanismes, modalités et politiques de transition vers l’économie formelle seront également abordés.
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