Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Ludivine Tomasso : UQAM - Université du Québec à Montréal
L'Uruguay et le Chili présentent deux trajectoires historiques différentes, mais ces deux pays ont été marqués par des épisodes de violences internes et des régimes militaires autoritaires. Dans les deux cas, une des solutions mises en œuvre pendant la transition vers des régimes plus démocratiques a été la mise en place de mécanismes censés établir la vérité « officielle » sur les violations des droits de l'homme commises. Pourtant, ces processus sont aujourd'hui critiqués notamment en ce qui concerne l'intégration des expériences des femmes.
Il s'agit donc d'examiner ici de quelle manière les groupes de femmes/féministes tentent de remettre en question cette version « officielle » de la mémoire de la violence. Il s'agit de voir notamment comment certains groupes tentent de faire émerger des contre-mémoires de la représentation de l'expérience des femmes et, plus précisément, de l'expérience des survivantes de violence sexuelle.
Ø Mobilisation des femmes autour de la question de l'impunité à l'endroit des crimes commis pendant les conflits internes : l'exemple d'Uruguay et du ChiliLes transformations sociales, politiques et économiques récentes dans les Amériques relèvent d’un processus de redéfinition du politique, devenu plus évident dans le contexte actuel de « fin de cycle » des régimes dits progressistes. En effet, depuis une quinzaine d’années, on constate un élargissement des pratiques démocratiques et citoyennes à l’extérieur du champ institutionnel traditionnel, en même temps qu’un rétrécissement des libertés publiques et une augmentation des pouvoirs de répression de la part des autorités étatiques. Par ailleurs, la mobilisation et l’action collective des acteurs sociaux sont de plus en plus ancrées à l’échelle locale ou régionale et prennent souvent la forme de mouvements de défense des collectivités face à l’accélération de la détérioration des milieux de vie. Ces mobilisations donnent parfois lieu à une revalorisation par les populations locales de leur pouvoir d’agir à différentes échelles, lequel vise à contrer l’effet des menaces qui pèsent sur leur qualité de vie et leurs conditions de survie. Dans d’autres cas, des conflits sociaux émergent et favorisent l’enracinement de pratiques autoritaires telles que la répression, la corruption et l’utilisation de la violence.
Ces dynamiques contradictoires engendrent des innovations politiques importantes dont l’étude systématique contribue à éclairer les trajectoires de construction de la citoyenneté (droits citoyens et inclusion politique) dans les Amériques. L’actuelle redéfinition, voire réinvention, du politique se situe à la croisée des tensions que nous observons entre deux versants de la société : 1) les espaces publics / lieux physiques et médiatisés de débats entre citoyens sur les enjeux qui concernent la gestion de la chose publique; et 2) les espaces de vie / territoires ou lieux à l’intérieur desquels s’organisent la production et la reproduction sociale (Thede et Dufour-Poirier, 2014). Ce colloque explorera certaines des dimensions actuelles de ce processus.