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Jacques Hamel
Dans le cadre de cette communication, on envisagera la transdisciplinarité par contraste à l'interdisciplinarité et les autres entreprises qui, en sciences sociales, cherchent à fusionner les connaissances issues de différentes disciplines. Après l'avoir cerné sur le plan épistémologique, l'objectif de la transdisciplinarité est examiné à la lumière de ce qu'est la visée de la science conçue ici de manière à pouvoir y associer la sociologie et les autres disciplines des sciences sociales. Sous leur égide, la transdisciplinarité semble requise d'office afin de pouvoir expliquer ce qu'elles cherchent à connaître sur le registre du « penser global » en vogue actuellement.
Les écueils sur lesquels bute la transdisciplinarité seront ensuite énumérés dans l'intention de mettre au jour le paradoxe que soulève l'exercice qui consiste à fondre des connaissances spécialisées dans l'intention d'agir ou d'intervenir. Ce paradoxe est le suivant : sous ce chef, intervenir ou agir, la transdisciplinarité paraît nécessaire, mais compliquée et relève manifestement d'une approche philosophique, voire d'un art. De ce fait, peut-on véritablement imaginer une méthode capable de donner son droit et sa rigueur à la transdisciplinarité ?
Le colloque porte sur la transdisciplinarité, comme objet de recherche et comme démarche de recherche alliant connaissance et action en vue de la résolution de problèmes sociaux concrets. Si les recherches transdisciplinaires tendent à montrer les limites des démarches purement disciplinaires pour approcher la complexité grandissante de ces problèmes, elles se distinguent par leur approche épistémologique ou méthodologique. De plus, ces recherches sont fragmentées par la très grande variété des problèmes abordés. Or, la prise de conscience grandissante de la fragilité des écosystèmes tend à mettre en évidence les liens invisibles entre la santé, l’environnement et la technologie. Les sciences humaines, de la nature et de la santé sont appelées à s’allier et à joindre les utilisateurs de ces savoirs, prenant conscience des limites de leur paradigme respectif et du potentiel d’autrui. Des domaines variés, comme la santé, l’environnement, l’urbanisme, etc., sont visés par ce colloque. L’émergence de regroupements stratégiques comme le CIRODD (Centre interdisciplinaire de recherche en opérationnalisation du développement durable), qui réunit plus de 15 chaires et centres de recherche et 82 chercheurs en provenance de 11 universités pour catalyser des projets en opérationnalisation du développement durable à l’interface de l’ingénierie et des sciences humaines, montre bien la nécessité et la complexité du croisement des problèmes auxquels s’intéressent les différentes approches transdisciplinaires. Tout se passe comme si un deuxième niveau de transdisciplinarité avait été atteint, croisant cette fois des problèmes concrets jusqu’ici traités séparément.Ces croisements inédits exacerbent les enjeux épistémologiques, méthodologiques et les enjeux d’organisation de la recherche. Des questions liées à la définition, aux objectifs, à la méthode et à la légitimité de la transdisciplinarité sont visées par ce colloque.
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