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Laurent Jodoin : Collège Lionel-Groulx
Les niveaux d'organisation peuvent être définis par des théories scientifiques systématisant nos observations et nos hypothèses à propos de ce qui est considéré « robuste », c'est-à-dire est accessible (détectable, mesurable, prédictible, etc.) – d'une multitude de manières indépendantes, par différents « modes d'accès » (Wimsatt 1994). En ce sens, le découpage disciplinaire du savoir en serait une conséquence. De sorte qu'une meilleure compréhension en amont des rapports que peuvent entretenir les niveaux d'organisation peut jeter un éclairage fort utile sur les interactions entre savoirs distincts, propres à la recherche transdisciplinaire. En effet, et d'une part, en l'absence de consensus sur la valeur de ces modes d'accès, c'est-à-dire sur une prétendue préséance de l'un d'entre eux par rapport à d'autres (en bref, vaut-il mieux observer ou calculer ?), les rapports de force entre acteurs de la recherche peuvent être exacerbés. D'autre part, en considérant les rapports entre niveaux d'organisation selon le concept de réalisabilité multiple où les détails permettant de distinguer des systèmes ou états à un niveau inférieur sont largement « impertinents » (Batterman 2002) au niveau supérieur, il y a un risque de négliger certains acteurs et donc certaines informations utiles au succès d'un projet de recherche en mode résolution de problème.
Le colloque porte sur la transdisciplinarité, comme objet de recherche et comme démarche de recherche alliant connaissance et action en vue de la résolution de problèmes sociaux concrets. Si les recherches transdisciplinaires tendent à montrer les limites des démarches purement disciplinaires pour approcher la complexité grandissante de ces problèmes, elles se distinguent par leur approche épistémologique ou méthodologique. De plus, ces recherches sont fragmentées par la très grande variété des problèmes abordés. Or, la prise de conscience grandissante de la fragilité des écosystèmes tend à mettre en évidence les liens invisibles entre la santé, l’environnement et la technologie. Les sciences humaines, de la nature et de la santé sont appelées à s’allier et à joindre les utilisateurs de ces savoirs, prenant conscience des limites de leur paradigme respectif et du potentiel d’autrui. Des domaines variés, comme la santé, l’environnement, l’urbanisme, etc., sont visés par ce colloque. L’émergence de regroupements stratégiques comme le CIRODD (Centre interdisciplinaire de recherche en opérationnalisation du développement durable), qui réunit plus de 15 chaires et centres de recherche et 82 chercheurs en provenance de 11 universités pour catalyser des projets en opérationnalisation du développement durable à l’interface de l’ingénierie et des sciences humaines, montre bien la nécessité et la complexité du croisement des problèmes auxquels s’intéressent les différentes approches transdisciplinaires. Tout se passe comme si un deuxième niveau de transdisciplinarité avait été atteint, croisant cette fois des problèmes concrets jusqu’ici traités séparément.Ces croisements inédits exacerbent les enjeux épistémologiques, méthodologiques et les enjeux d’organisation de la recherche. Des questions liées à la définition, aux objectifs, à la méthode et à la légitimité de la transdisciplinarité sont visées par ce colloque.
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