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Mélanie Lefrancois : UQAM - Université du Québec à Montréal
L'impact négatif des horaires atypiques sur la santé et sur les difficultés de conciliation travail-famille (CTF) est bien connu. Pourtant, peu d'études se sont penchées sur les stratégies de CTF déployées par les travailleuses et les travailleurs dans ce type d'emploi. Dans le cadre d'une recherche réalisée en partenariat avec une grande centrale syndicale québécoise, nous avons étudié le cas du service de nettoyage d'une entreprise du secteur des transports où les horaires sont étalés sur les 365 jours de l'année et 24 heures par jour. Mobilisant un cadre analytique ergonomie/communication comprenant observations et entrevues, nous avons situé les stratégies de CTF en regard de l'organisation du travail et des dynamiques relationnelles entre les différents groupes d'acteurs. Cette présentation portera plus spécifiquement sur le cas d'agentes de nettoyage, mères de famille, qui choisissent de travailler la nuit pour concilier famille et horaires atypiques. Nos résultats illustrent l'influence de l'intensification du travail et de la précarisation des emplois sur l'émergence de solidarités autour d'enjeux comme la conciliation travail-famille ainsi que les risques que cela pose pour la santé. Les résultats de cette recherche fournissent des pistes de réflexion aux syndicats et aux employeurs pour atténuer l'impact du cumul des contraintes sur la CTF et sur le bien-être physique et mental des personnes œuvrant en contexte d'horaires atypiques.
Au Québec et ailleurs, on assiste à un déplacement de l’augmentation des lésions professionnelles au profit des maladies professionnelles causé par la mutation des risques présents dans l’environnement de travail. Des statistiques qui montrent cette tendance ainsi que des pistes de réflexion sur les enjeux qui en découlent seront discutées dans le cadre de ce colloque. Entre autres, la façon de gérer le dossier de prévention est subordonnée à la mesure de performance menant ainsi les gestionnaires et les travailleurs à se concentrer sur les résultats, minimisant ainsi les efforts consacrés à la prévention et à sa prise en charge. Les nouveaux risques nécessiteront de nouvelles façons de faire (et non de faire faire) en matière de santé et sécurité du travail si nous voulons demeurer compétitifs. Les besoins criants à la fois sur les plans théorique et pratique au regard des enjeux en santé organisationnelle (SO) ouvrent les portes à l’adoption d’une conception selon laquelle la santé globale et la performance organisationnelle sont le fruit d’une dynamique à plusieurs niveaux. Ainsi, les démarches tant en recherche que sur le plan de l’intervention visent les déterminants individuels, organisationnels et externes (sociétaux) et s’attachent au caractère multidimensionnel et multidisciplinaire de la SO. Les enjeux s’inscrivent dans une perspective multifactorielle (déterminants, corrections et prévention) qui intervient sur la santé et la performance organisationnelle. L’intervention sur les déterminants de la santé globale interpelle les trois niveaux de prévention, soit primaire, secondaire et tertiaire. Dans cette optique, des disciplines diversifiées se complètent dans l’objectif de contribuer à l’avancement des connaissances sur la SO.
Thème du colloque :