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Jan Warnke : Université Laval
L'objectif de cette présentation est de décrire et de localiser la population de langue anglaise qui participe dans l'économie créative au Québec pour contextualiser la problématique des inégalités de revenu et d'emploi qui touchent les anglophones au Québec. Comment est-ce que l'économie créative, ce moteur de développement local (UNESCO, 2013), pourrait affecter la population anglophone au Québec historiquement confrontée à des revenus plus bas et des taux de chômage plus élevés que la majorité francophone ? La Région métropolitaine de recensement de Montréal (RMRM) regroupe 80 % de la population anglophone du Québec. Nous utiliserons un système géographique interactif en ligne pour cerner les quartiers les plus probables de contenir une concentration de la population de langue anglaise engagée dans l'économie créative à l'échelle des quartiers dans la RMRM. Ce système analytique visuel utilise des données de la population totale du recensement 2011 et de l'Enquête nationale auprès des ménages (2011) pour superposer des couches de distribution par quartier des occupations et des emplois dans les arts, la culture, la récréation, les sports, les spectacles et les loisirs sur la distribution de la population anglophone de première langue officielle parlée. Le système de visualisation et les données qui y sont rattachées seront rendus accessibles en ligne après la présentation.
La culture est au cœur de la stratégie de développement économique de Montréal, qui y voit une façon de prospérer « en conjuguant talents et créativité, collaborations et innovation, effervescence culturelle et proximité ». Un des atouts de Montréal, selon Richard Florida, réside dans la possibilité pour ce « noyau supercréatif » d’interagir entre plusieurs langues et plusieurs cultures. Toutefois, peu d’études ont pris précisément la langue et le rôle des communautés québécoises d’expression anglaise (CQEA) comme angles d’approche pour comprendre leur place dans l’économie créative. Pourtant, il est difficile de nier l’apport des CQEA à cette économie étant donné la taille de leur population artistique, le poids de leurs institutions universitaires et leur présence dans certains quartiers (p. ex., le Mile End). Malgré cela, leur participation au développement économique, culturel et social de Montréal suscite des inquiétudes. En effet, dans la société québécoise majoritairement francophone, ce développement rejoint les craintes d’une plus grande place accordée à l’anglais aux dépens du français. À l’inverse, certains segments des CQEA font face à des obstacles quant à leur participation à l’économie créative (défis pour les artistes d’origine non européenne, obstacles liés au financement, à la langue et aux pratiques culturelles, etc.). Les conférencières et conférenciers exposeront leurs recherches sur l’économie créative en examinant la portée et les limites de ce concept au moyen de travaux empiriques et théoriques propres à leur discipline respective.
Ce colloque est organisé par le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise (RRCQEA) en collaboration avec l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques. Comité scientifique : Cheryl Gosselin, Will Straw, Paul Zanazanian et les organisateurs du colloque. Le colloque poursuit la réflexion amorcée à la suite de la publication du rapport du RRCQEA sur l’économie créative chez les anglophones du Québec en 2012.
En plus des activités ci-dessous, notre programme comporte également quelques activités hors site :
— Table ronde au Théâtre Rialto avec des acteurs du milieu culturel organisée par l’English Language Arts Network (12 mai, 14 h, entrée libre)
— Visite guidée sur les industries de l’économie créative dans le Mile End par Justin Bur avec un arrêt à Temps Libre (tempslibre.coop), nouvelle coop soutenue par l’Université Concordia (12 mai, 16 h, RSVP: visitemileend.eventbrite.ca)
Le mot de bienvenue du colloque sera prononcé par André Roy, doyen de la Faculté des arts et des sciences, Université Concordia, et Rebecca Duclos, doyenne de la Faculté des beaux-arts, Université Concordia.
Pour plus d’information, consultez : www.quescren.ca/fr/acfas2016
Thème du colloque :