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Tomás Dorta : Université de Montréal
Les projets de design sont complexes car ils s'adressent à des personnes. Du point de vue du co-design, des nouvelles approches sont nécessaires pour mieux inclure les utilisateurs dans le projet. Les organisations publiques et les bureaux de design sont des intermédiaires de la participation des toutes les parties prenantes du projet en utilisant de processus, représentations et technologies mal adaptés aux citoyens, leur plaçant dans un rôle passif de spectateurs du projet, plutôt que participants.
Le système Hyve-3D (Hybrid Virtual Environment 3D - www.hyve3d.com), développé au Laboratoire de recherche en design Hybridlab, de l'École de design de l'Université de Montréal permet une participation citoyenne et des parties prenantes dans le processus de co-design, et ce sans des intermédiaires.
Grâce à son interaction naturelle à travers des dispositifs mobiles de type tablette, ou téléphones intelligents, le système permet l'immersion des utilisateurs sans lunettes intrusives. Dans le Hyve-3D, différents citoyens peuvent participer simultanément dans la solution de problèmes en faisant la co-conception avec d'autres professionnels et preneurs de décisions, en partageant représentations 3D à l'échelle réelle, interagissant et visualisant intuitivement les idées de design.
Selon de nombreuses perspectives, les communautés collaboratives sont le fondement de notre société. Elles représentent l’intersection de nos structures sociales, économiques, environnementales — tout ce que nous construisons et partageons ensemble, de la qualité de l’eau à l’éducation et à la gouvernance de nos systèmes sociaux traditionnels et, maintenant, numériques. La « transgouvernance » de cet héritage historique a toujours guidé les différents mouvements du développement durable et celui de nos organisations les plus innovantes. L’accélération actuelle du changement technologique a contraint plusieurs gouvernements et chefs de file étrangers à réaliser l’urgence d’agir devant les crises financières, le vieillissement de la population, l’insatisfaction par rapport aux politiques des services publics, les dangers environnementaux. Les turbulences technologiques entraînent des ruptures sociétales de grande ampleur : elles changent la façon dont les gens vivent, travaillent, interagissent, apprennent. Devant ces changements, les consommateurs numériques deviennent aussi des citoyens numériques, qui ont de nouvelles attentes vis-à-vis de l’administration, tout en ayant une ferme volonté d’innover à différents paliers de gouvernement. Il existe un consensus très fort sur ce qui devrait être fait avec l’engagement des usagers ou designers de la société civile : l’augmentation de la confiance du public envers les pouvoirs, la responsabilité sociale des organisations, la reddition de compte, la productivité, l’innovation ouverte, la co-création, une nouvelle façon de penser de la part de nos leaders politiques, la pensée systémique et le design thinking pour approcher les problématiques et y apporter des solutions appropriées, comme une nouvelle politique de mobilisation des connaissances au Québec. Toutefois, aujourd’hui, c’est le temps de l’action intégrant une orientation forte sur l’implantation.
Ce colloque sera l’occasion de réunir durant deux jours des intervenants de l’université, des gouvernements, de l’entreprise privée et de la société civile pour faire faire le point sur trois grands thèmes liés à la gouvernance des connaissances dans l’économie numérique :
1. Gouvernance numérique et démocratie
2. Médias socionumériques et gouvernance
3. Codesign, transdisciplinarité et gouvernance