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Marie-Hélène Poulin : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
En ce temps de réorganisation des systèmes de santé publique, les professionnels en pratique ont plus que jamais besoin d'un groupe d'appartenance qui n'est pas directement lié au milieu de travail. Je participe à la formation des psychoéducateurs à l'UQAT depuis maintenant dix ans et la profession a connu plusieurs changements: contexte de pratique et exigences de formation au niveau des compétences professionnelles. La reconnaissance de cette profession s'accroît d'année en année mais un certain isolement dans le certain milieu de travail comme le scolaire demeure. Bien sûr, cet isolement professionnel n'est pas propre à cette discipline mais il influence le vécu des intervenants qui dise avoir l'impression de «perdre leur couleur». Se réunir pour discuter et partager sur des préoccupations, des problèmes ou des projets est une opportunité unique pour ces praticiens. Suite à l'animation de deux groupes de codéveloppement professionnel (CP) pour les psychoéducateurs en pratique dans des milieux différents (Centre jeunesse, milieu hospitalier psychiatrique, CSSS, résidence pour personnes âgées, etc.), j'ai pu recevoir des témoignages sur le renforcement de l'identité professionnelle par le CP et sur toute la puissance de cette approche pour renouveler sa pratique. Évidemment, ces bienfaits nécessitent quelques préalables chez le participant, la structure contextuelle et l'animateur qui seront discutées.
Faisant l’objet d’un intérêt grandissant dans le milieu universitaire et dans le milieu de la pratique, les groupes de codéveloppement professionnel comme mode d’accompagnement et approche de formation se déploient et s’expérimentent dans des milieux variés tels que le milieu de la santé (Lafranchise et al., 2015), de l’éducation (Dumoulin et al., 2015; L’Hostie et al., 2015; Desjardins et al., 2015), de l’administration publique (Payette et Champagne, 2010), et ce, auprès de publics diversifiés : professeurs et étudiants universitaires, médecins et intervenants psychosociaux, cadres et gestionnaires, etc.
S’appuyant sur les principes de l’apprentissage dans l’action (Argyris et Schon, 1974, 1995; Revans, 1982; McGill et Beaty, 1995), l’approche de codéveloppement professionnel se définit comme un espace collectif et réflexif destiné aux groupes ciblés et permettant à leurs membres d’apprendre ensemble et de s’offrir un accompagnement mutuel (Payette et Champagne, 2010). En ce sens, le groupe de codéveloppement offre un espace de soutien entre pairs, interactif et réflexif, qui favorise les prises de conscience, les apprentissages et le développement professionnel de manière continue (Lafranchise et al., 2015).
Bien que la structure de cette approche de formation soit inhérente/transversale dans les différents contextes qui l’utilisent, des ajustements et des modifications semblent s’effectuer afin d’adapter l’approche à la nature du milieu, au public sollicité et aux objectifs visés. Dans cette réalité, quels sont les points communs entre ces différentes pratiques? Quels sont les points de divergence? Au-delà de l’approche de groupe de codéveloppement, quels sont les éléments innovants sur lesquels mettre l’accent et qui peuvent être réinvestis dans différents milieux?
À cet égard, ce colloque veut être un point de rencontre entre les chercheurs et les praticiens experts pour discuter des différentes expériences de codéveloppement professionnel.
Thème du colloque :