Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Moussa Sarr : Communautique
La communalisation des capitaux cognitifs est un concept que nous avons introduit pendant les observations que nous avons menées lors de nos recherches sur les communautés de pratiques pendant notre séjour au CEFRIO. Ce sera d'ailleurs de ces observations que nous partirons pour démontrer la richesse de la production lorsque les individus inscrits dans ces logiques acceptent de jouer le jeu.
Poser la question de la transdiciplinarité (Basarab Nicolescu, 1996) comme facteur structurant l'enrichissement cognitif des collectivités fait intervenir une problématique essentielle: l'adéquation socio-anthropologique de la production de sens dans des espaces où les logiques d'intérêt amenuisent toutes les tentatives de rétention des valeurs dites d'intelligence collective.
En effet, si la transdisciplinarité est reconnue comme le vecteur d'une bonne communalisation (Sarr, 2005) des capitaux cognitifs, il appert que les déterminants socio-anthropologiques que sont la propriété privé, les concepts d'espace et de production privés, ainsi que l'enrichissement individuel sont le frein fondamental à la mise en commun de la production et de l'interfécondation des porteurs de valeurs cognitives.
Selon de nombreuses perspectives, les communautés collaboratives sont le fondement de notre société. Elles représentent l’intersection de nos structures sociales, économiques, environnementales — tout ce que nous construisons et partageons ensemble, de la qualité de l’eau à l’éducation et à la gouvernance de nos systèmes sociaux traditionnels et, maintenant, numériques. La « transgouvernance » de cet héritage historique a toujours guidé les différents mouvements du développement durable et celui de nos organisations les plus innovantes. L’accélération actuelle du changement technologique a contraint plusieurs gouvernements et chefs de file étrangers à réaliser l’urgence d’agir devant les crises financières, le vieillissement de la population, l’insatisfaction par rapport aux politiques des services publics, les dangers environnementaux. Les turbulences technologiques entraînent des ruptures sociétales de grande ampleur : elles changent la façon dont les gens vivent, travaillent, interagissent, apprennent. Devant ces changements, les consommateurs numériques deviennent aussi des citoyens numériques, qui ont de nouvelles attentes vis-à-vis de l’administration, tout en ayant une ferme volonté d’innover à différents paliers de gouvernement. Il existe un consensus très fort sur ce qui devrait être fait avec l’engagement des usagers ou designers de la société civile : l’augmentation de la confiance du public envers les pouvoirs, la responsabilité sociale des organisations, la reddition de compte, la productivité, l’innovation ouverte, la co-création, une nouvelle façon de penser de la part de nos leaders politiques, la pensée systémique et le design thinking pour approcher les problématiques et y apporter des solutions appropriées, comme une nouvelle politique de mobilisation des connaissances au Québec. Toutefois, aujourd’hui, c’est le temps de l’action intégrant une orientation forte sur l’implantation.
Ce colloque sera l’occasion de réunir durant deux jours des intervenants de l’université, des gouvernements, de l’entreprise privée et de la société civile pour faire faire le point sur trois grands thèmes liés à la gouvernance des connaissances dans l’économie numérique :
1. Gouvernance numérique et démocratie
2. Médias socionumériques et gouvernance
3. Codesign, transdisciplinarité et gouvernance