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Coup de chapeau à Wilson, ou l'épanouissement culturel du Montréal noir dans le quartier Saint-Antoine de 1919 aux années 1960

Résumé de la communication

Dr Williams explore les beaux jours – de 1919 à 1929 – de la communauté noire anglo-montréalaise et les racines de son épanouissement culturel. Elle prend d'emblée position : la période glorieuse de l'hégémonie culturelle des Noirs ne résulte pas d'un avantage spatio-économique que possède Montréal quand les États-Unis décrètent la prohibition. La vogue croissante du jazz, du swing et du be-bop ainsi que la position hégémonique de la musique nègre découlent plutôt des relations industrielles et économiques qu'entretient un sous-prolétariat noir de passage à Montréal. Selon les historiens de la musique, l'afflux d'interprètes noirs place la ville dans un contexte de créativité musicale unique en Amérique du Nord. Aux États-Unis, l'adoption du dix-huitième amendement mène en 1919 à la prohibition, puis au déclin du quartier noir de Harlem. Montréal devient l'un des trois centres de la culture noire. La question « Mais pourquoi donc Montréal? » se résout facilement : les hommes qui, à l'époque, travaillent pour les sociétés ferroviaires montréalaises voyagent sur la côte est; avec eux circulent biens, cultures, gens et idées. Dans le quartier Saint-Antoine, ils forment un pôle créatif, qui engendre des Oscar Peterson et des Maynard Ferguson. Tandis que le jazz se localise dans le secteur, les arts prospèrent, l'argent coule à flots dans les lieux de divertissement montréalais. Ces effets perdurent jusqu'à ce que Pax Plante et Jean Drapeau lancent leur croisade contre le vice.

Résumé du colloque

La culture est au cœur de la stratégie de développement économique de Montréal, qui y voit une façon de prospérer « en conjuguant talents et créativité, collaborations et innovation, effervescence culturelle et proximité ». Un des atouts de Montréal, selon Richard Florida, réside dans la possibilité pour ce « noyau supercréatif » d’interagir entre plusieurs langues et plusieurs cultures. Toutefois, peu d’études ont pris précisément la langue et le rôle des communautés québécoises d’expression anglaise (CQEA) comme angles d’approche pour comprendre leur place dans l’économie créative. Pourtant, il est difficile de nier l’apport des CQEA à cette économie étant donné la taille de leur population artistique, le poids de leurs institutions universitaires et leur présence dans certains quartiers (p. ex., le Mile End). Malgré cela, leur participation au développement économique, culturel et social de Montréal suscite des inquiétudes. En effet, dans la société québécoise majoritairement francophone, ce développement rejoint les craintes d’une plus grande place accordée à l’anglais aux dépens du français. À l’inverse, certains segments des CQEA font face à des obstacles quant à leur participation à l’économie créative (défis pour les artistes d’origine non européenne, obstacles liés au financement, à la langue et aux pratiques culturelles, etc.). Les conférencières et conférenciers exposeront leurs recherches sur l’économie créative en examinant la portée et les limites de ce concept au moyen de travaux empiriques et théoriques propres à leur discipline respective.

Ce colloque est organisé par le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise (RRCQEA) en collaboration avec l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques. Comité scientifique : Cheryl Gosselin, Will Straw, Paul Zanazanian et les organisateurs du colloque. Le colloque poursuit la réflexion amorcée à la suite de la publication du rapport du RRCQEA sur l’économie créative chez les anglophones du Québec en 2012.

En plus des activités ci-dessous, notre programme comporte également quelques activités hors site :
— Table ronde au Théâtre Rialto avec des acteurs du milieu culturel organisée par l’English Language Arts Network (12 mai, 14 h, entrée libre)
— Visite guidée sur les industries de l’économie créative dans le Mile End par Justin Bur avec un arrêt à Temps Libre (tempslibre.coop), nouvelle coop soutenue par l’Université Concordia (12 mai, 16 h, RSVP: visitemileend.eventbrite.ca)

Le mot de bienvenue du colloque sera prononcé par André Roy, doyen de la Faculté des arts et des sciences, Université Concordia, et Rebecca Duclos, doyenne de la Faculté des beaux-arts, Université Concordia.

Pour plus d’information, consultez : www.quescren.ca/fr/acfas2016

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 13 mai 2016

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