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Dans la gueule du loup : l'archive du langage, savoir-faire-peur et savoir-faire-savoir

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Charles DESLANDES : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Dans le Séminaire la bête et le souverain, Jacques Derrida formule le projet d'une génylycologie portant sur les manifestations multiples du loup dans le discours politique. La figure du loup, soutient-il, « préoccupe » l'archive du langage et, par conséquent, pose plusieurs problèmes épistémologiques. À l'appui de trois cas paradigmatiques, je vais illustrer la relation entre l'archive du langage et la production de savoirs tout en mettant l'emphase sur les effets performatifs qui en découlent. (1) L'énoncé « loup solitaire » nous renseigne sur la relation singulière entre l'archive et les performatifs. La menace exposée par le loup (solitaire!) actualise, ici, la figure du protecteur, incarné par l'État. (2) L'usage de la figure du loup par le « Comité Printemps étudiant 2015 » nous renseigne pour sa part sur le travail archivistique de (dés)appropriation qui a ici pour effet de renverser l'axiologie : c'est l'État qui incarne la menace. (3) La fable du loup dans La bête lumineuse de Pierre Perrault montre quant à elle comment, parfois, c'est l'usage du langage qui agit comme précurseur et qui fait archive. La vérité politique du savoir deviendrait alors l'absence d'un fondement archivistique autre que la situation d'énonciation.

Résumé du colloque

Les politiques de développement tout comme celles d’aménagement territorial contribuent à marginaliser certains groupes sociaux en assignant notamment des places et des occupations différenciées au sein de la société. Les populations visées par cet assujettissement ne se conforment pas nécessairement aux politiques et discours dominants. Leur résistance s’exprime à travers des contre-discours et des pratiques transgressives issus d’imaginaires sociaux. Les imaginaires sociaux font référence à la capacité de donner sens au monde qui nous entoure, particulièrement en posant l’existence des liens rassembleurs d’un « nous » imaginé. Constituées en acteurs politiques, les populations visées par ces discours dominants accordent une importance vitale à leur espace géographique, espace qu’elles investissent et sur lequel elles ont tissé des rapports sociaux et culturels qui assurent leur survie. L’analyse du rôle de ces imaginaires dans la construction des représentations sociales permet à la fois de rendre compte de l’irréductibilité de certaines conceptions du développement et de l’espace, et de saisir certains types de représentations qui résistent aux catégories prévues dans les politiques et les discours dominants.

Les pratiques d’appropriation de l’espace se multiplient et mettent en lumière l’enjeu politique inhérent à la dispute des lieux à travers des expressions diverses comme le théâtre, le conte, les festivités, les protestations contre le modèle économique, l’arrivée des déplacés, les occupations de terres et d’édifices publics, les demandes d’autonomie territoriale ou les dispositifs comme les cartes imaginaires. Ce colloque vise à définir des pratiques contre-discursives du développement et de l’aménagement territorial. Quels imaginaires de l’espace et du développement sont aujourd'hui véhiculés? Comment certains imaginaires participent-ils à reconfigurer de nouveaux espaces sociaux et politiques?

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 13 mai 2016

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