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Sabrina Doyon : Université Laval
L'anguille et l'esturgeon noir sont des espèces importantes du patrimoine alimentaire du Québec. Elles ont pourtant été délaissées pendant quelques décennies. Poissons mal aimés, ils ont été associés aux prescriptions catholiques des jeûnes du vendredi ainsi qu'aux difficultés économiques liées notamment à la guerre. Après la guerre, ces poissons ont petit à petit été vendus en Europe et en Asie, où se trouvait un marché important. Cependant, depuis quelques décennies, leur exportation n'est plus possible. C'est dans ce contexte que les pêcheurs d'anguilles et d'esturgeons tentent de construire un nouveau marché québécois pour cette production locale. Le déploiement de ce marché s'inscrit dans les actions qui valorisent le patrimoine naturel et culturel de la pêche à l'anguille et à l'esturgeon ainsi que l'importance des réseaux d'approvisionnement locaux. Ces poissons, transformés par les pêcheurs eux-mêmes, ont acquis une forte valeur ajoutée et représentent désormais un produit fin et de niche. Plus encore, l'Association des pêcheurs d'anguilles et d'esturgeons noirs du St-Laurent a entamé des démarches pour faire reconnaître ces espèces en tant qu' Indications géographiques protégées (IGP). Notre présentation retrace l'évolution de la production et de la mise en marché de l'anguille et de l'esturgeon noir et questionne à la fois les enjeux de différentiation socio-économique qu'elles supposent et le processus de patrimonialisation au cœur de la « redécouverte » de ces poissons.
Depuis quelques années, diverses initiatives visant à proposer des solutions de remplacement au système alimentaire industriel se développent au Québec. Elles sont souvent portées par des organismes issus du milieu associatif. L’accent est mis sur le rapprochement entre consommateurs et producteurs, l’aspect solidaire de la démarche grâce à une meilleure répartition de la valeur ajoutée entre les acteurs, le soutien à l’économie locale, la qualité des produits ou encore les avantages environnementaux d’une agriculture de proximité. Parallèlement, de nouveaux champs d’investigation s’ouvrent relativement aux bénéfices d’une gouvernance alimentaire plus locale en termes de santé et de nutrition, d’éducation au goût, d’aménagement du territoire et de réduction des kilomètres des circuits alimentaires. Ces propositions différentes recueillent l’adhésion d’une partie des consommateurs soucieux d’avoir accès à des produits sains et de qualité, et dont les conditions de production sont socialement responsables. Devant les crises que connaissent ponctuellement les principales filières agricoles, une proportion croissante d’agriculteurs cherchent à accroître la valeur ajoutée de leurs produits en les distinguant par des signes de qualité et en faisant évoluer leurs modes de commercialisation. Ces initiatives novatrices suscitent enfin l’intérêt des pouvoirs publics et en particulier des collectivités territoriales, dans la mesure où celles-ci sont susceptibles de soutenir une agriculture locale multifonctionnelle tout en offrant des produits de proximité différenciés aux citoyens.
L’objectif de ce colloque est de faire le point sur les recherches en cours au Québec portant sur ces initiatives dans leur diversité : développement des circuits alimentaires de proximité, rôle vivrier de l’agriculture urbaine, labellisations territoriales, représentations québécoises de la notion de terroir, etc. Une place sera offerte à quelques intervenants étrangers dans une perspective comparative.
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