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Nathalie Lafranchise : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le groupe de codéveloppement professionnel (GCP) de Payette et Champagne (2010) est une approche de formation qui mise sur le groupe et sur les interactions entre les participants pour favoriser l'amélioration des pratiques professionnelles (Lafranchise, Paquet et Gagné, 2015; Paquet et Lafranchise, 2014; Payette et Champagne, 2010). Or, les groupes peuvent parfois être trop orientés vers la résolution de problèmes et moins vers les apprentissages et le développement des capacités professionnelles. Si les partages et les échanges entre pairs font la force et la richesse d'un GCP, l'animateur d'un GCP joue aussi un rôle important. Et si des fonctions d'animation sont nécessaires pour favoriser le bon fonctionnement du groupe, elles ne sont pas suffisantes pour stimuler le cheminement du groupe sur le plan des apprentissages. En effet, pour dépasser la résolution de problème, l'animateur doit développer des compétences en accompagnement et exercer son leadership d'accompagnement. Nos travaux de recherche ainsi que certains écrits inspirants (Cormier, 2006; Lafortune, 2008, Paul, 2004) nous amènent à proposer six composantes de la compétence d'accompagnement : le leadership d'accompagnement socioconstructiviste, la pratique réflexive, la dimension affective, les projets d'action, les pratiques d'évaluation, le jugement professionnel. Cette communication aborde ces aspects afin d'insuffler des pratiques innovantes pour les groupes de codéveloppement professionnel.
Faisant l’objet d’un intérêt grandissant dans le milieu universitaire et dans le milieu de la pratique, les groupes de codéveloppement professionnel comme mode d’accompagnement et approche de formation se déploient et s’expérimentent dans des milieux variés tels que le milieu de la santé (Lafranchise et al., 2015), de l’éducation (Dumoulin et al., 2015; L’Hostie et al., 2015; Desjardins et al., 2015), de l’administration publique (Payette et Champagne, 2010), et ce, auprès de publics diversifiés : professeurs et étudiants universitaires, médecins et intervenants psychosociaux, cadres et gestionnaires, etc.
S’appuyant sur les principes de l’apprentissage dans l’action (Argyris et Schon, 1974, 1995; Revans, 1982; McGill et Beaty, 1995), l’approche de codéveloppement professionnel se définit comme un espace collectif et réflexif destiné aux groupes ciblés et permettant à leurs membres d’apprendre ensemble et de s’offrir un accompagnement mutuel (Payette et Champagne, 2010). En ce sens, le groupe de codéveloppement offre un espace de soutien entre pairs, interactif et réflexif, qui favorise les prises de conscience, les apprentissages et le développement professionnel de manière continue (Lafranchise et al., 2015).
Bien que la structure de cette approche de formation soit inhérente/transversale dans les différents contextes qui l’utilisent, des ajustements et des modifications semblent s’effectuer afin d’adapter l’approche à la nature du milieu, au public sollicité et aux objectifs visés. Dans cette réalité, quels sont les points communs entre ces différentes pratiques? Quels sont les points de divergence? Au-delà de l’approche de groupe de codéveloppement, quels sont les éléments innovants sur lesquels mettre l’accent et qui peuvent être réinvestis dans différents milieux?
À cet égard, ce colloque veut être un point de rencontre entre les chercheurs et les praticiens experts pour discuter des différentes expériences de codéveloppement professionnel.