Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marie-Eve Gadbois : UQAM - Université du Québec à Montréal
La vision de l'éducation pour tous a fait évoluer les services aux élèves handicapés et en difficultés d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA) dans les dernières années. La scolarisation des EHDAA a évolué passant de l'exclusion à la séparation, puis à l'intégration pour en arriver à une transformation des pratiques éducatives vers l'inclusion scolaire (Rousseau, 2015; Vienneau, 2006). Les politiques et lois prônent l'intégration des EHDAA dans le milieu le plus naturel possible (MEQ, 1999). Ainsi, certains élèves sont intégrés à temps plein, mais d'autres vivent de l'intégration à temps partiel. Ils cheminent entre une classe spéciale et une classe ordinaire selon leurs besoins et capacités. Trois paliers de décisions sont reliés l'organisation de cette intégration. En réponse aux prescriptions ministérielles, les commissions scolaires mettent en place des comités EHDAA et des politiques relatives à l'organisation des services de ces élèves. Ensuite, ce sont aux établissements scolaires de mettre en place les moyens d'interventions jugés appropriés (Couture et Lapalme, 2007; Trépanier, 2003). L'organisation des services pour l'intégration des EHDAA est donc vécue sur une base locale et les dispositifs mis en place ne sont pas connus. Nos objectifs de recherche sont 1)d'identifier les dispositifs d'intégration partielle dans les écoles primaires au Québec et 2)de décrire des dispositifs dans les écoles primaires où une initiative d'intégration partielle des EHDAA est mise en place.
Au Canada, les provinces et leurs conseils scolaires sont responsables de légiférer sur la politique éducative adoptée à l’égard des élèves ayant des besoins spéciaux scolarisés sur leur territoire. Le recours à des classes spécialisées varierait considérablement d’une province à l’autre, la proportion des élèves âgés de 5 à 14 ans ayant des besoins spéciaux dans des classes ordinaires se situerait en moyenne à 64 % au Canada (Dafna et al., 2010). Certains modèles organisationnels généraux sont connus et peuvent être mis en œuvre dans les établissements d’enseignement : l’intégration mainstreaming, qui comporte plusieurs niveaux d’intégration des élèves, est encore très présente dans certaines provinces canadiennes, toutefois, certaines ont fait des tentatives dans le sens de l’inclusion totale. Pour rendre disponibles les ressources nécessaires à la réussite des élèves, certains indicateurs contribuent à déterminer l’attribution de budgets supplémentaires (indice de défavorisation, nombre d’élèves identifiés ayant des besoins spéciaux par établissement) ou s’ils sont admissibles à certains programmes d’aide; en conséquence, les établissements d’enseignement adoptent une gestion et une organisation des services éducatifs qui peuventt varier grandement (Gaudreau et al., 2008). Dans ce colloque, nous tenterons de répondre à la question : quels sont les modèles d’organisation des services les plus efficaces pour favoriser l’accès, la persévérance et la réussite scolaire des apprenants en situation de handicap ou ayant des besoins spéciaux? Des études portant entre autres sur la différenciation pédagogique, le coenseignement, le modèle Réponse à l’intervention ainsi que sur des dispositifs d’accompagnement et de collaboration entre les intervenants scolaires, et ce, à tous les ordres d’enseignement, contribueront aux réflexions et aux échanges visant à proposer des modèles d’organisation qui contribuent à la persévérance et la réussite scolaire.