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Espaces et imaginaires politiques dans les communautés autochtones en conflit au Chili et au Mexique

Résumé de la communication

Le Mexique et le Chili font partie des 5 pays d'Amérique latine où la criminalisation de l'action collective cible les défenseurs autochtones des droits dans des zones où la gestion des ressources naturelles est présentée comme donnant lieu à des conflits violents auxquels la Convention 169 sur le droit à la consultation pour les populations autochtones cherche à remédier. Des recherches de terrain récentes dans les communautés autochtones de ces deux pays révèlent que la Convention 169 soulève des enjeux cruciaux quant à la représentation et à la représentativité politique des communautés autochtones et leur « sélection » par les gouvernements pour avoir le droit à la consultation. Au-delà des rapports de pouvoir liés à la légitimation du processus de consultation, le matériel analysé révèle que ces enjeux reposent aussi sur des conceptions autochtones du politique et du droit, profondément ancrées dans un rapport à l'espace et au territoire. Par exemple, le concept d'Asmapu fait référence, dans les communautés mapuche du Chili, à un rapport entre droit et organisation politique qui doit changer selon l'influence du territoire sur lequel la communauté est établie, et selon l'alliance toujours contingente avec les éléments de la nature environnante. Cette conception, ainsi que d'autres éléments, donnent une clé d'analyse d'imaginaires politiques autochtones porteurs de représentations bouleversant les rapports entre environnement, territoire et politique.

Résumé du colloque

Les politiques de développement tout comme celles d’aménagement territorial contribuent à marginaliser certains groupes sociaux en assignant notamment des places et des occupations différenciées au sein de la société. Les populations visées par cet assujettissement ne se conforment pas nécessairement aux politiques et discours dominants. Leur résistance s’exprime à travers des contre-discours et des pratiques transgressives issus d’imaginaires sociaux. Les imaginaires sociaux font référence à la capacité de donner sens au monde qui nous entoure, particulièrement en posant l’existence des liens rassembleurs d’un « nous » imaginé. Constituées en acteurs politiques, les populations visées par ces discours dominants accordent une importance vitale à leur espace géographique, espace qu’elles investissent et sur lequel elles ont tissé des rapports sociaux et culturels qui assurent leur survie. L’analyse du rôle de ces imaginaires dans la construction des représentations sociales permet à la fois de rendre compte de l’irréductibilité de certaines conceptions du développement et de l’espace, et de saisir certains types de représentations qui résistent aux catégories prévues dans les politiques et les discours dominants.

Les pratiques d’appropriation de l’espace se multiplient et mettent en lumière l’enjeu politique inhérent à la dispute des lieux à travers des expressions diverses comme le théâtre, le conte, les festivités, les protestations contre le modèle économique, l’arrivée des déplacés, les occupations de terres et d’édifices publics, les demandes d’autonomie territoriale ou les dispositifs comme les cartes imaginaires. Ce colloque vise à définir des pratiques contre-discursives du développement et de l’aménagement territorial. Quels imaginaires de l’espace et du développement sont aujourd'hui véhiculés? Comment certains imaginaires participent-ils à reconfigurer de nouveaux espaces sociaux et politiques?

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 13 mai 2016

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