Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Linda Leith : Linda Leith Éditions
À Montréal, le milieu littéraire anglophone a considérablement changé depuis 1945, année de la parution du livre Deux solitudes de Hugh MacLennan devenu un succès de librairie du jour au lendemain. Même si le secteur canadien de l'édition, tant en français qu'en anglais, n'en est alors qu'à ses balbutiements, Montréal est, durant les années 40 et 50, la capitale incontestée de la littérature au Canada dans les deux langues. Dans les années 60, Toronto devient le creuset de la littérature anglo-canadienne, et Montréal, le haut lieu de celle de langue française. Les écrivains anglophones, notamment les romanciers, sont alors laissés pour compte jusqu'à la création, dans les années 90, de l'infrastructure nécessaire : prix littéraires, événements, organismes. Cette infrastructure est à l'origine d'une renaissance de la littérature en anglais à Montréal, caractérisée par des succès nationaux et internationaux, une diversité croissante, la création d'un pôle littéraire et l'évolution des relations entre les écrivains anglophones et le milieu littéraire francophone majoritaire. Toutefois, certains obstacles demeurent, notamment pour les écrivains issus de cultures non européennes. Ici comme ailleurs, la révolution numérique continue de toucher les écrivains et les éditeurs. Si écrire en anglais reste une activité marginale au Québec, les écrivains et les éditeurs anglophones ont découvert le bon côté de cette situation, à savoir l'avantage sur le plan créatif de faire bande à part.
La culture est au cœur de la stratégie de développement économique de Montréal, qui y voit une façon de prospérer « en conjuguant talents et créativité, collaborations et innovation, effervescence culturelle et proximité ». Un des atouts de Montréal, selon Richard Florida, réside dans la possibilité pour ce « noyau supercréatif » d’interagir entre plusieurs langues et plusieurs cultures. Toutefois, peu d’études ont pris précisément la langue et le rôle des communautés québécoises d’expression anglaise (CQEA) comme angles d’approche pour comprendre leur place dans l’économie créative. Pourtant, il est difficile de nier l’apport des CQEA à cette économie étant donné la taille de leur population artistique, le poids de leurs institutions universitaires et leur présence dans certains quartiers (p. ex., le Mile End). Malgré cela, leur participation au développement économique, culturel et social de Montréal suscite des inquiétudes. En effet, dans la société québécoise majoritairement francophone, ce développement rejoint les craintes d’une plus grande place accordée à l’anglais aux dépens du français. À l’inverse, certains segments des CQEA font face à des obstacles quant à leur participation à l’économie créative (défis pour les artistes d’origine non européenne, obstacles liés au financement, à la langue et aux pratiques culturelles, etc.). Les conférencières et conférenciers exposeront leurs recherches sur l’économie créative en examinant la portée et les limites de ce concept au moyen de travaux empiriques et théoriques propres à leur discipline respective.
Ce colloque est organisé par le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise (RRCQEA) en collaboration avec l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques. Comité scientifique : Cheryl Gosselin, Will Straw, Paul Zanazanian et les organisateurs du colloque. Le colloque poursuit la réflexion amorcée à la suite de la publication du rapport du RRCQEA sur l’économie créative chez les anglophones du Québec en 2012.
En plus des activités ci-dessous, notre programme comporte également quelques activités hors site :
— Table ronde au Théâtre Rialto avec des acteurs du milieu culturel organisée par l’English Language Arts Network (12 mai, 14 h, entrée libre)
— Visite guidée sur les industries de l’économie créative dans le Mile End par Justin Bur avec un arrêt à Temps Libre (tempslibre.coop), nouvelle coop soutenue par l’Université Concordia (12 mai, 16 h, RSVP: visitemileend.eventbrite.ca)
Le mot de bienvenue du colloque sera prononcé par André Roy, doyen de la Faculté des arts et des sciences, Université Concordia, et Rebecca Duclos, doyenne de la Faculté des beaux-arts, Université Concordia.
Pour plus d’information, consultez : www.quescren.ca/fr/acfas2016