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Imaginaires, territoires et processus pédagogiques autonomes des mouvements agraires en Amérique latine

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Mario Gil : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La revendication territoriale chez les peuples autochtones, afro et paysans en Amérique Latine opère le passage d'une vision productiviste typique de la modernité capitaliste occidentale à une vision bio-centrique, orientée vers la protection des écosystèmes. Le territoire ne représente pas nécessairement un espace physique (délimité par des frontières physiques), mais un système de relations construites à partir de l'histoire et de ses contradictions, des « ontologies politiques relationnelles » et de manières d'être avec le territoire. Ces communautés ont non seulement vécu des processus de récupération culturelle à partir du concept de « la educacion propia », mais aussi de l'Éducation populaire depuis les années 1970. Ces processus ont permis de consolider les orientations qui donnent du sens aux pratiques pédagogiques en lien avec tout un système d'existence culturelle et politique, qui veut récupérer et défendre l'autonomie des peuples et promouvoir des relations plus équitables avec la terre mère. Ce monde imaginé est le fondement des processus pédagogiques et politiques qui caractérisent les mouvements qui revendiquent le territoire dans un contexte de néolibéralisme et de surexploitation des ressources naturelles.

Résumé du colloque

Les politiques de développement tout comme celles d’aménagement territorial contribuent à marginaliser certains groupes sociaux en assignant notamment des places et des occupations différenciées au sein de la société. Les populations visées par cet assujettissement ne se conforment pas nécessairement aux politiques et discours dominants. Leur résistance s’exprime à travers des contre-discours et des pratiques transgressives issus d’imaginaires sociaux. Les imaginaires sociaux font référence à la capacité de donner sens au monde qui nous entoure, particulièrement en posant l’existence des liens rassembleurs d’un « nous » imaginé. Constituées en acteurs politiques, les populations visées par ces discours dominants accordent une importance vitale à leur espace géographique, espace qu’elles investissent et sur lequel elles ont tissé des rapports sociaux et culturels qui assurent leur survie. L’analyse du rôle de ces imaginaires dans la construction des représentations sociales permet à la fois de rendre compte de l’irréductibilité de certaines conceptions du développement et de l’espace, et de saisir certains types de représentations qui résistent aux catégories prévues dans les politiques et les discours dominants.

Les pratiques d’appropriation de l’espace se multiplient et mettent en lumière l’enjeu politique inhérent à la dispute des lieux à travers des expressions diverses comme le théâtre, le conte, les festivités, les protestations contre le modèle économique, l’arrivée des déplacés, les occupations de terres et d’édifices publics, les demandes d’autonomie territoriale ou les dispositifs comme les cartes imaginaires. Ce colloque vise à définir des pratiques contre-discursives du développement et de l’aménagement territorial. Quels imaginaires de l’espace et du développement sont aujourd'hui véhiculés? Comment certains imaginaires participent-ils à reconfigurer de nouveaux espaces sociaux et politiques?

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 13 mai 2016

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