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Ndeye Dieynaba Ndiaye : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dans la mesure où la distinction établie en droit international entre les migrants économiques et les demandeurs d'asile implique des obligations juridiques différentes dans les pays d'accueil, il est pertinent de se questionner sur cette situation dans un contexte de mondialisation caractérisé par des déplacements massifs de migrants mixtes vers certains pays.
Il est aussi important de voir cette problématique dans les pays d'origine ou de transit des migrants et des demandeurs d'asile d'autant plus que ces derniers sont devenus des acteurs clés dans la gestion des flux migratoires. En effet, face à des vagues migratoires, des pays et d'organisations tentent de mettre en place des politiques migratoires afin de sécuriser leurs frontières et de lutter contre l'immigration irrégulière. Dans cette perspective, des mesures visant à faire intervenir les pays tiers dans cette lutte sont adoptées au sein de l'UE depuis le conseil européen de Tampere de juin 1999.
Il est clair que cette coopération avec les pays tiers a des impacts sur la protection des droits des migrants et demandeurs d'asile en période normale, mais qu'en est –il dans des circonstances humanitaires extrêmes ? Que prévoit le droit international dans ces situations particulières ?
Au plus fort de la crise des migrants au Moyen-Orient, le déplacement des populations est devenu un enjeu médiatique et politique de premier plan. Il n’y a qu’à penser à l’onde de choc qu’ont produit les images du jeune enfant trouvé sans vie sur une plage alors que ses parents tentaient de rejoindre l’Europe. Le vocabulaire utilisé et le traitement souvent brouillon de ces événements sont à l’origine d’une certaine incompréhension face au(x) contexte(s) normatif(s) au sein desquels les déplacements de masse se produisent. Cette confusion est multiple et concerne notamment le champ sémantique applicable (parle-t-on de migrants, de réfugiés, de déplacés ou de criminels?), les obligations juridiques des États, dont celles du Canada, et les connexions multiples liant déplacements de masse et enjeux identitaires et sécuritaires relatifs notamment à la répression de la criminalité.
La présente proposition de colloque vise à sensibiliser et informer le public face aux problèmes politico-juridiques que soulève la crise migratoire dans le contexte du conflit syrien. Cette activité permettra de prendre du recul face aux discours médiatiques et politiques afin de clarifier les concepts fondamentaux utilisés pour décrire et analyser les déplacements massifs. Il s’agira d’évaluer la contribution – éventuelle – des normes juridiques internationales à la compréhension et à la résolution de ce problème multidimensionnel.
La migration de masse en temps de crise suscite une multitude de questions que la présente proposition de colloque souhaite aborder. Le colloque a pour point de départ la question de l’adéquation du discours médiatique et politique avec la réponse qu’apporte le droit international à ce problème. Dans quelle mesure ce discours contribue-t-il à la protection des personnes déplacées ou la fragilise-t-il? Le colloque détermine et clarifie les tropes et les catégories juridiques sur la base desquels nous comprenons et, incidemment, tentons de solutionner ce problème.