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Stéphanie Demers : UQO - Université du Québec en Outaouais
La recherche collaborative est souvent conçue comme recherche avec plutôt que sur les acteurs qui y participent. Elle sollicite les savoirs pratiques des acteurs du terrain et les savoirs scientifiques des chercheurs et alimente la coconstruction de nouveaux savoirs. La recherche collaborative s'appuie sur l'analyse critique des savoirs, l'élaboration de critères de leur validation et leur mise à l'épreuve en contexte. En ce sens, il est possible d'envisager la recherche collaborative comme espace pour exercer une agentivité épistémique, c'est-à-dire exercer un pouvoir d'action sur et avec les savoirs. Les relations symétriques qui caractériseraient la recherche collaborative permettraient de surcroit aux participants de se concevoir comme membres d'une communauté épistémique envers laquelle ils se sentent redevables (Elgin, 2013; Reed, 2013). Cette communauté permet à chacun de participer activement et également à la construction du savoir, mais aussi à l'élaboration et à la correction des normes et des règles qui valident son adéquation à la vérité, au contexte et aux besoins à l'origine de la recherche. Comment cette symétrie peut-elle s'établir dans la pratique? Quelle posture favorise la conception de soi comme colégislateur dans un processus auquel certains sont plus initiés que d'autres? Nous examinerons ces questions par un retour réflexif sur trois expériences de recherche collaborative réalisées auprès d'enseignant.e.s du primaire et du secondaire.
Chaque année, de nombreux chercheurs en sciences de l’éducation mettent en place des projets qu’ils inscrivent dans une démarche de recherche collaborative. Cette dernière, en incitant les participants à concevoir la recherche dans une perspective non pas de transmission mais bien de coconstruction et de codéveloppement (Heron et Reason, 1997; Reason et Bradbury, 2000; Desgagnés et al., 2001), enrichit la recherche des dimensions praxéologiques et contextuelles difficilement accessibles par la recherche traditionnelle. En articulant de façon proximale théorie et pratique et en rapprochant les praticiens et les chercheurs dans un projet partagé – bien que multifinalisé – (Lefrançois, 1997), la recherche collaborative semble s’imposer comme la réponse à la mission scientifique de nos disciplines : soutenir les professionnels de l’enseignement en développant des outils ancrés dans des problématiques contextuelles et dépassant la simple résolution de problème afin de produire des savoirs nouveaux et une compréhension approfondie des situations.
Naissent ainsi des équipes formées d’universitaires, d’enseignants, de conseillers pédagogiques, d’étudiants : toutes se revendiquent de la recherche collaborative, pourtant leur structure, leur fonctionnement et parfois les cadres théorique et méthodologique qui les animent diffèrent.
Comment définir la recherche collaborative aujourd’hui au Québec? Quelles sont les différences avec la recherche action ou la recherche en partenariat? Quels en sont les enjeux, les avantages et les limites?
En réunissant les acteurs de plusieurs équipes de forme et de nature différentes, en invitant les participants à confronter leurs définitions du concept et à partager et comparer leurs expériences, les organisatrices de ce colloque souhaitent offrir aux participants un espace de réflexion qui leur permettra de trouver des réponses à ces questions et de formuler des pistes de développement vers des formules « gagnantes ».
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