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La séduction : le jeu du « je-nous, tu m'as »

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Virginie Duceppe-lamarre : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

La séduction est le phénomène qui chapeaute les éléments qui composent la vie sociale des primates, dont l'entrée en relation, l'identité, la cohésion sociale, la manipulation, les alliances, les jeux de pouvoir, etc. De là, la relation de séduction est tout autant un lien biologique que politique, mais se distancie de la moralité en étant plutôt un lien éthique. La séduction n'est donc pas purement négative, au contraire. Pour illustrer mon point de vue, j'articulerai ma présentation autour de la nouvelle définition de la séduction que j'ai élaborée lors de mes recherches doctorales. Ainsi, j'aborderai, entre autres choses, les sujets du métissage, de la dynamique de surenchère (qui est caractéristique de la séduction) et la séduction inter-spécifique. À partir de cette définition, nous serons à même de saisir la nécessité d'inclure les animaux dans notre compréhension du phénomène de séduction. Dans la même foulée, je présenterai une réflexion sur le vivre-ensemble et la construction identitaire car la séduction se comprend par sa forme incarnée. C'est-à-dire que la séduction opère en passant par le corps qui s'exécute selon des rites précis, déterminés par des conventions sociales. La séduction se situe donc au-delà de l'individu tout en actualisant le corps de chacun par l'action de séduire.

Résumé du colloque

La séduction est au cœur de nos relations, et souvent à notre insu. Nous avons tendance, en Occident, à la réduire aux relations qui relèvent de la sexualité humaine (Baudrillard), et à la penser selon la triple dimension de la vérité, du pouvoir et de la sensibilité. Dans chacune de ces dimensions, elle est aussi en tension : entre tromperie et révélation (vérité), manipulation et libération (pouvoir), raison et désir (sensibilité). Mais la relation de séduction, à travers l’histoire, concerne aussi la pédagogie (le modèle et l’émulation : voir Rivard, 2012), le politique (le charisme et la rhétorique : Delporte), l’économie (la publicité, l’envie), le monde animal (les animaux entre eux — les parades — ou avec les humains : Bomsel, Lestel) et même notre relation aux choses, créées (les arts et les lettres, la technologie et ses promesses) ou non (le paysage, voir Cartier et Lew). Si la séduction est liée au désir et au symbole, à la reconnaissance et à l’acceptation, mais aussi à l’emprise et à la subjugation, on en comprendra aisément l’influence, l’importance et la force, aussi bien positive que négative, et cela tant pour le vivre ensemble que comme marqueur identitaire. Comment qualifier et comprendre les liens que nous tissons par le truchement de la séduction, en déceler les mécanismes communs, en entreprendre la critique? Par exemple, peut-on être séduit sans séducteur, comme quand un paysage nous charme? Y a-t-il séduction même sans intentionnalité consciente, comme chez les animaux ou quand autrui nous trouve attirant? Comment comprendre le jeu du désir dans la séduction, que son objet soit le sexe, l’amitié, l’apprentissage ou le profit? Quels sont ses symboles et ses rituels privilégiés? Peut-on d’ailleurs regrouper sous un même concept l’attirance, le charme, la fascination, l’influence, l’envoûtement et la séduction? L’intitulé de notre colloque nous invite à l’appréhender comme une relation complexe et dans la variété de ses manifestations.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 13 mai 2016

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